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Innovation, compétitivité, mais aussi - naturellement - créativité. Cela pourra être le triptyque pour notre atelier en matière de champs de préconisations, un peu d'ailleurs en guise d'illustration de la formule de Cioran que nous connaissons tous : " on n'habite pas un pays, on habite une langue ". Je vous renvoie pour cela à la dernière livraison du Magazine littéraire consacrée à la défense et illustration DES langues françaises : un dossier qu'il est naturellement impossible de résumer, mais dont je retiendrai pour ce qui me concerne la formule de Jean-Marie Borzeix : " Etre écrivain francophone, c'est d'emblée, si on le souhaite, appartenir à un milieu ". A l'heure où l'intelligence collective fait l'objet de bien des débats, de même que tout un vocabulaire en matière de cognition située, il y a là un constat qui peut être très intéressant pour nos débats : n'avons-nous en effet pas la possibilité - en matière d'outils et de structures - de développer, bien plus que nous le faisons et dans les champs de recherche les plus pointus, de véritables communautés francophones de pratiques ? Le français, une langue adaptée aux nouveaux cercles de l'innovation et de communautés de connaissance qui se développent dans la vie économique et en ligne ? Mon expérience au quotidien où des dizaines d'interlocuteurs étrangers demandent à mon association de les aider à développer leur projet, ceci en s'exprimant souvent certes dans un anglais approximatif, mais en soulignant leur capacité de lire et de comprendre la langue française, qu'ils estiment indispensables de travailler davantage pour aborder le domaine de l'économie du savoir. Un tel constat ne saurait être neutre, même si Olivier Postel-Vinay se demande (Magazine littéraire, mars 2006) si le don-quichotisme s'applique à Claude Hagège et à son dernier livre, " Combat pour le français ", tout en concluant " le lecteur de Cervantès le sait bien : Don Quichotte a raison, à sa façon ".
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