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"L'intelligence économique et la mondialisation (résumé d'un discours d'Alain Juillet) Colloque " Intelligence économique et pôles de compétitivité
" (11 mai 2006, Avignon) La mondialisation, tous en parlent et tous y pensent mais peu comprennent ce qu'elle implique. Ce sont ces implications que M. Juillet a développé, énuméré et expliqué. La mondialisation a exporté nos principes démocratiques. Pendant quelques 300 ans, un quinzaine de pays se sont partagés le gâteau, aujourd'hui, le reste du monde s'est réveillé et ce sont 200 autres pays veulent leur part. L'évolution de la taille du marché fut également fulgurante : en vingt ans, un marché au maximum continental est devenu mondial, avec l'accroissement de la concurrence que cela implique. L'intelligence économique, ou la "business intelligence" pour les anglais, correspond en fait à la capacité d'être réactif, de pouvoir trouver, traiter et analyser rapidement l'information afin de pouvoir en faire ressortir les éléments principaux pour les décideurs. Si hier la France était l'une des plus grandes puissances mondiales, elle pourrait aujourd'hui perdre sa place. La mondialisation, comme son nom l'indique, est en effet un phénomène global ouvert à tous. Si l'on prend l'exemple des chinois, bien qu'ils aient proportionnellement moins accès à l'Internet que les Français, il y a plus de données sur la Chine que sur la France. L'enjeu linguistique n'est donc pas à minimiser. Plus une personne parle de langues répandues et plus elle a accès a de l'information. Un Anglais est avantagé par rapport au Français car moins de personnes parlent sa langue et l'utilisent pour mettre des données en ligne. Si la France veut donc maintenir sa place, il faut qu'elle arrive à développer ses propres technologies de communication afin de ne pas devenir dépendante d'autres pays ayant tendance à monopoliser le système. De plus, le développement de logiciels de traduction en temps réel est également un enjeu crucial : la langue ne sera alors plus un handicap pour personne. Cependant, si l'accès aux données peut être un avantage ou un problème, il existe un autre axe nouveau : la protection de l'information. Etant donné que votre performance sera basée sur l'analyse qui sera elle-même basée sur l'information, ceux voulant empêcher votre réussite tenteront de trafiquer vos informations ou alors tenteront de s'infiltrer dans vos données afin d'avoir accès à vos conclusions. Néanmoins, même si le risque est réel, il ne sert à rien de recourir à des moyens non légaux pour pouvoir avoir une analyse pertinente : 95% des informations sont en libre service (dans les catalogues, les salons, l'Internet, les médias etc.). L'intelligence économique est donc quelque chose qu'il faut développer, les entreprises doivent s'en servir pour être plus compétitives. L'Etat tente donc de sensibiliser les PME à l'intelligence économique. Les grandes entreprises peuvent en effet s'occuper de leur propre intelligence économique et elles ne seront pas touchées aussi durement que les petites entreprises employant entre 9 et 20 salariés ; qui sont pourtant celles qui assurent la majeure partie de l'emploi en France. La politique publique d'intelligence économique se décline en plusieurs aspects. Tout d'abord, afin que cette intelligence soit exercée, il faut que des personnes soient formées à ses techniques : mettre en place un système de formation (initiale et continue) à ce domaine. Il faut également développer les outils de l'intelligence économique afin qu'elle demeure toujours actuelle : développer des logiciels d'analyse et de synthèse, des moteurs de recherche, des technologies cognitives... Il faut ensuite aider la France a rester compétitive dans son ensemble. Mettre en commun toutes les informations françaises pour s'assurer de leur validité est sans doute le plus sûr moyen d'arriver à cette fin, pour cela il faudra surmonter la barrière de l'individualisme et se mettre à travailler en réseau. La quatrième problème est de nature juridique : il faut s'assurer que les entreprises se battent à armes égales, la législation doit donc être la même pour tous, ce qui n'est pas le cas actuellement. Enfin, il faut que la politique étatique soit établie en commun avec les entreprises, les collectivités territoriales, les institutions... Ce partenariat public/privé est dispensable, lui seul permettra à la France d'avoir toutes les clefs en main pour pouvoir avoir une intelligence économique efficace et complète. Les clusters sont la vitrine de l'intelligence économique et les pôles de compétitivité en sont la version française. Le pôle de compétitivité a un fonctionnement relativement simple : réunir plusieurs entreprises et acteurs de tailles différentes travaillant dans le même secteur. Les acteurs du pôle transmettent ensuite leurs informations aux autres acteurs, ce qui les rend plus forts que les acteurs extérieurs isolée, c'est la force par la synergie. L'objectif est donc de recouvrir le territoire français de pôles de compétitivité afin que les entreprises françaises " répondent mieux et plus vite que les entreprises étrangère dans la compétition mondiale ". Anne Boultareau, chargée de mission du Réseau européen des Villes Numériques.
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