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Performance
économique et développement durable : Synthèse réalisée par Jean DESPAX (Institut Français du Design) à l’initiative du Réseau européen des Villes Numériques |
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A l'occasion du Forum FEDERE 2006, une conférence organisée par Les Echos qui s'est déroulée les jeudi 30 et vendredi 31 mars 2006, sur le thème " Performance économique et développement durable : quels gains et quelles opportunités pour l'entreprise? ", nous vous proposons ce document de synthèse. Vous y trouverez un rappel du programme de ces 2 journées et des intervenants présents, suivi d’un résumé de chaque conférence. Jean DESPAX, Ingénieur chargé de mission, Institut Français du Design |
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Jeudi 30 mars 2006 11h30
- 13h00 Le développement durable au coeur de l’innovation et du marketing
stratégique 13h00 - 15h00 Déjeuner-débat Vendredi 31 mars 2006 11h00
- 12h30 Marchés financiers : quelles évaluations et quelles récompenses
pour 4/ Marché de droits d’émission : quel impact pour la compétitivité des entreprises ? • Quelle régulation et quel fonctionnement pour les marchés de droits d’émission ? • Quelles conséquences des nouveaux dispositifs sur les résultats des entreprises ? Débats animés par Jean-Marc VITTORI, Editorialiste, Les Echos Thierry CAROL, Directeur marketing et commercial, Powernext Jean-Paul FRANIATTE, Délégué général, Confédération des Industries papetières Philippe GERMA, Directeur général, IXIS Environnement & Infrastructures Christian de PERTHUIS, Professeur, Université Paris Dauphine ; Conseiller à la Caisse des Dépôts Patrick THIEFFRY, Avocat, Thieffry & Associés Claire TUTENUIT, Déléguée générale, Entreprises pour l’Environnement 5/ Développement durable et management des ressources humaines : quels leviers ? Quelle organisation ? • Comment mobiliser les collaborateurs autour du développement durable ? • Quelle organisation pour que le développement durable soit un moteur du management? Débats animés par Jean-Claude LEWANDOWSKI, Rédacteur en Chef, Les Echos Sup Charles-Henri BESSEYRE DES HORTS, Professeur, HEC Olivier DUBIGEON, Expert en Stratégies Business RSE et Développement soutenable Jean-Marie GERBEAUX, Directeur Développement durable, SNCF Alain LIBERGE, Directeur Environnement et Responsabilité sociale, Orange France ( Groupe France Telecom) René VALLADON, Secrétaire confédéral, Force Ouvrière Patrick WIDLOECHER, Directeur du Développement durable, Groupe La Poste 6/ Ecologie industrielle, éco-activité, recyclage • Quelles nouvelles pistes ? Quels nouveaux produits ? • Comment évaluer et mesurer les impacts en terme de performance économique ? Débats animés par Anne BAUER, Journaliste, Les Echos Nadia BOEGLIN, Chef du Département Eco-conception et Consommation durable, ADEME Dominique BOURG, Directeur, Centre de Recherches et d'Etudes interdisciplinaires sur le Développement durable; Professeur, Université de Troyes Béatrice MARNEFFE, Directrice des relations institutionnelles Europe, Lexmark France François GIRAUDY, Responsable Développement durable, Groupe Dagris Denis GASQUET, Directeur général adjoint, Veolia Environnement; Directeur général, Veolia Propreté Jean-Charles LAMBRON, Directeur général, Kinnarps France Conférences plénières Accès à l’énergie, efficacité énergétique et changement climatique : le rôle des entreprises • Comment la contribution des entreprises
à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) peut-elle se
traduire par des gains de compétitivité ? La croissance mondiale s’accélère, les inégalités se creusent, la pollution augmente ainsi que les besoins en énergie. Ces réalités appellent à des mesures audacieuses. On distingue 4 forces en présence capables de rétablir une politique de croissance plus inclusive : La société civile Il est nécessaire de responsabiliser le consommateur, pour qu’il modifie ses modes de consommation en prenant conscience du prix de l’énergie. Cette prise de conscience peut de faire notamment grâce à l’élaboration d’outils de mesure en temps réel de la consommation : l’Agence Internationale de l’Energie évalue à 30% l’économie d’énergie réalisable grâce à de tels outils. Les entreprises L’ADEME insiste également auprès des industriels sur l’intérêt stratégique de se préoccuper de leur consommation d’énergie, même si ce secteur a déjà fait des efforts conséquents. D’importantes économies d’énergies peuvent être réalisées lors de la conception des produits, mais également lors de leur transport (ou celui des matières premières), de leur utilisation ou de leur destruction. De nombreux marchés s’ouvrent aux entreprises, notamment dans la rénovation des bâtiments anciens, indispensable à la réalisation des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement Durable (diminuer par 4 les émissions de GES, donc diminuer la consommation d’énergie). Ce secteur nécessite des innovations à la fois techniques et d’ingénierie financière. L’accroissement des besoins en énergie va bientôt se faire sentir : en France, l’excédent entre l’offre et la demande diminue, il manquera peut-être de l’énergie en 2009. Seul le secteur privé est susceptible de financer les investissements nécessaires à une production croissante d’énergie. L’augmentation du baril de pétrole impose une diversification des énergies, ce qui représente de grandes opportunités de marchés. Dans une perspective d’après pétrole et d’après gaz, le CEA réfléchit au développement de nouvelles solutions énergétiques : le développement et l’optimisation de la production nucléaire, le vecteur hydrogène, la pile à combustible et le solaire pour l’habitat. Dans les 15 années à venir l’investissement énergétique représentera 16000 milliards de dollars, dont un tiers pour les pays en voie de développement. Cela constitue également un marché énorme, donc de nouvelles opportunités pour les entreprises dont le défi est d’anticiper la demande et d’innover. Il y a quelques années seulement, personne n’envisageait un développement aussi rapide pour des pays comme la Chine et l’Inde : il est impératif que les entreprises placent les pays en voie de développement au centre de leur politique de marché. Processus, produits et marchés représentent donc 3 bonnes raisons pour les entreprises de prendre en compte les problématiques énergétiques. Les gouvernements Les gouvernements jouent un rôle capital en imposant les cadres législatifs obligeant les entreprises à diminuer leur impact sur l’environnement. Charles BEIGBEDER accuse cependant le gouvernement français de déresponsabiliser le consommateur. Le prix du baril a été multiplié par trois depuis quatre ans : l’énergie est plus chère sur la planète mais le consommateur français n’a vécu aucune répercussion de cette hausse. A l’instar du tabac, l’augmentation du prix de l’énergie entraînerait forcément une baisse de la consommation. Il faut poser la question de l’énergie et du développement durable dans un contexte international. Le secteur de l’acier par exemple, malgré de gros progrès récents, est un important producteur de Carbone. Cependant, l’instauration d’une contrainte carbone au niveau local pose un gros problème de compétitivité sur un marché où le prix de la tonne d’acier est fixé mondialement (cf. article le sur marché des quotas). Pour que l’acier soit produit en Europe, il faut remédier à cette contradiction entre concurrence internationale et contraintes locales et tenter de développer de nouvelles méthodes de production. Les pays développés doivent diminuer leurs émissions de GES, au profit des pays en voie de développement qui ne sont pas encore en mesure de croître tout en limitant leurs impacts environnementaux. Le défi est triple pour ces pays : étendre leur accès à l’énergie, assurer leur sécurité énergétique (en étant moins dépendants de l’importation) et préserver l’environnement. Les organisations internationales Les organisations internationales, par la vision globale qu’elles portent, jouent un rôle important d’information et d’accompagnement des gouvernements et des entreprises. Le rôle d’ONG comme WWF est d’informer de façon sérieuse et non pas alarmiste, et de ne pas se contenter d’identifier des problèmes mais également de proposer des solutions. Dans ce but, le WWF développe des partenariats avec des entreprises (Lafarge, Nokia…) mais il semble très difficile pour ces entreprises de prendre des décisions à long terme si la législation n’évolue pas drastiquement. Le développement durable au coeur de l’innovation et du marketing stratégique • Comment intégrer les attentes du client
en matière de développement durable dans la stratégie marketing ? Le développement durable représente un compromis très intéressant entre les tenants de la décroissance et les partisans de la course à la consommation. Il représente une opportunité pour dégager de nouvelles pistes d’action et d’innovation vers une croissance plus équilibrée. La stratégie de développement durable du Groupe Accor a commencé, comme pour de nombreuses entreprises, par la prise en compte des problématiques environnementales. Aujourd’hui, le groupe se penche sur l’aspect social, en sensibilisant ses enseignes, non seulement au commerce équitable, mais également à la diffusion des principes d’une alimentation équilibrée. Le mot d’ordre du groupe est de responsabiliser le consommateur plutôt que de le culpabiliser. Le commerce équitable séduit également certains acteurs du secteur du textile comme Armor-lux qui tentent ainsi de répondre à de nouvelles attentes des donneurs d’ordre publics et privés et à une évolution vers des modes de consommation plus responsables. Chez Monoprix, les labels Max Havelaar (bien que non officiel) et AB Agriculture Biologique) sont très reconnus et jouent un rôle important vis-à-vis du consommateur. Si Eric Guillon, président du Comité 21, affirme qu’il n’existe cependant pas d’assimilation directe entre développement durable et commerce équitable, Patrick Widloecher (Directeur du développement durable de La Poste) pense que le foisonnement de labels plus ou moins légitimes montre quand même une prise de conscience croissante de la population. Il insiste sur les opportunités multiples qu’offre le développement durable : réduction des coûts, facteur d’innovation, de recettes nouvelles, de renforcement de liens avec le territoire, de motivation et de consensus. Avec 17000 sites à chauffer, 56000 véhicules et 22 avions, la Poste a du pain sur la planche pour diminuer ses émissions de CO2, notamment par le développement d’un partenariat avec Dassault visant à remplacer leur parc par des véhicules électriques. Des changements interviennent également au niveau des achats : aujourd’hui il faut compter avec le critère Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) en plus des 3 critères traditionnels : prix, services et qualité. Une entreprise doit être irréprochable si elle veut pouvoir imposer des règles à ses partenaires. Ces efforts menés par La Poste s’inscrivent dans un réel contexte concurrentiel puisque les activités de banque postale et les colis (ainsi que le courrier en 2009) sont concurrencées. C’est également dans une optique de compétitivité que Monoprix a développé de nouvelles gammes de produits bio ou équitables, qui connaissent une forte croissance, pour des marges pratiquement équivalentes aux produits traditionnels : le développement durable est un facteur d’innovation et de différenciation. Il faut sensibiliser les clients à une consommation plus responsable en agissant sur l’offre pour stimuler la demande et en proposant des services contribuant au respect de l’environnement. L’expérience du Monoprix d’Angers, « un magasin de centre-ville qui incarne le développement durable tant sur le plan de sa structure que de son organisation, de son management ou encore de ses relations avec son environnement et de son offre de produit et de services », permet d’affiner le cahier des charges pour la construction et le management des prochains points de vente Monoprix. Comment maîtriser sa responsabilité sociale au plan mondial ?
L’Entreprise s’est mondialisée avant tout le monde : elle rencontre donc peu d’interlocuteurs aussi mondiaux qu’elle, excepté les ONG avec qui les échanges sont parfois houleux. Comment établir un dialogue, pour construire une réelle Responsabilité Sociale d’Entreprise ? Le sommet du G8 en 2006 a souligné l’importance « d’encourager la croissance et de promouvoir une économie de marché responsable », se référant ainsi aux Principes directeurs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Trente neuf gouvernements ont adhéré à ces principes, qui sont des recommandations adressées aux entreprises multinationales pour les pousser à adopter un comportement responsable dans leurs activités internationales. De l’avis de l’OCDE, la fonction première des entreprises est de mettre à profit les investissements dans l’intérêt des apporteurs de capitaux. Leur responsabilité va toutefois au-delà de cette fonction à travers le respect des lois et la prise en compte volontaire des attentes sociétales exprimées par d’autres voies moins formelles. Cette notion de volontariat est reprise par l’OIE (Organisation Internationale des Employeurs) qui voit la RSE comme « des initiatives volontaires, menées par des entreprises qui intègrent des préoccupations sociales et environnementales dans leurs affaires et dans leurs échanges avec leurs actionnaires ». Il est nécessaire de trouver un juste équilibre entre contraintes publiques et initiatives volontaires privées et inciter tous les acteurs du système élargi, public ou privé, à prendre leurs responsabilités. Les entreprises ne sont pas une alternative à un gouvernement et la RSE n’est pas une alternative à une législation adéquate. Le problème réside souvent dans l’application insuffisante de la loi. Il appartient aux gouvernements d’assurer un cadre législatif et de l’appliquer dans la société. L’approche volontaire « Triple Bottom Line » (triple bilan, qui conduit à évaluer la performance de l’entreprise sous trois angles : environnemental, social et économique) permet à Novo Nordisk de réaliser des bénéfices d’une manière responsable et crédibilise l’entreprise. Cette approche confronte régulièrement l’entreprise à des dilemmes, qui doivent être résolu grâce à un dialogue structuré avec les différentes parties prenantes. Le groupe Rhodia s’est également engagé depuis longtemps dans des démarches environnementales et de sécurité, mais a surtout acquis une vraie crédibilité dans la manière éthique avec laquelle il traite les problèmes des restructurations. Pour Marcel Grignard (CFDT), les restructurations et les délocalisations, qui sont au cœur de la vie sociale, nécessitent une meilleure anticipation. Celle-ci implique de repenser les modes de gouvernance de l’entreprise en intégrant mieux les intérêts des salariés, ce qui obligerait à une vision à plus long terme. Il convient dons dans un premier temps d’améliorer le dialogue social sectoriel, national et européen pour anticiper les mutations à venir et poser les bases d’un modèle social européen rénové. Même les plus grosses multinationales continuent à opérer au niveau local sur les marchés locaux, ce qui signifie que la RSE nécessite des solutions locales impliquant les acteurs locaux : il ne peut donc exister d’approche standardisée efficace de la RSE : elle n’est pas un concept statique, elle est dynamique et multi-dimensionnelle, en constante évolution pour s’adapter aux variables économique, politique, sociale et environnementale. L’innovation est au cœur de la RSE. Aujourd’hui, pour traduire sa responsabilité sociale dans les différents contextes liés aux pays développés et en voie de développement, des entreprises comme Rhodia ont signé un accord de responsabilité sociale mondiale, donnant la garantie d’un socle de droit minimum adapté à chaque pays dans lequel le groupe est présent. La difficulté principale reste de transposer au pays en voie de développement des critères élaborés Le secteur de la santé connaît également des difficultés liées au contexte local : lorsque Novo Nordisk par exemple distribue un traitement à prix coûtant, dans le cadre de ses programmes nationaux de lutte contre le diabète, les réseaux de distribution locaux prennent des marges importantes qui empêchent l’accès aux soins pour les plus démunis. Les cadres publics nationaux sont devenus obsolètes pour des entreprises qui sont aujourd’hui implantées dans de nombreux pays, sur de nombreux continents. Les entreprises se voient donc dotées d’une nouvelle responsabilité. Cependant, il est irréaliste de penser qu’on peut aboutir à une norme mondiale compte tenu de la diversité entre les cultures et les niveaux de développements, et dangereux d’espérer un arbitrage mondial imposé par une seule super puissance. Puisqu’on ne peut pas imposer de norme, il faut alors s’attacher à évaluer les progrès des entreprises, d’année en année. C’est le rôle du Pacte Mondial des Nations Unies de les inciter à adopter une démarche d’amélioration continue : la majorité des entreprises françaises en ont intégré les 10 principes, ouvrant ainsi sur un début de dialogue, d’échange, de meilleure compréhension entre les différents acteurs de la société. Si Marlies Filbri d’Oxfam International (regroupement
d’ONG indépendantes qui mutualisent leurs actions pour lutter contre la
pauvreté dans le monde) est également convaincue que le secteur privé
peut être un puissant moteur de croissance et de réduction de la pauvreté,
l’histoire a également montré les dommages économiques et sociaux engendrés
par la course effrénée au profit et les nombreuses entorses au droit du
travail. Le rôle des ONG ne se limite donc pas à ses actions de dénonciation
et d’information, mais doit être également d’accompagner les entreprises
dans la mise en place de règles de responsabilité sociale. Marchés financiers : quelles évaluations
et quelles récompenses pour le développement durable ? La définition du développement durable pose la difficile équation entre la performance des entreprises et l’avenir de la planète. Il existe souvent des oppositions entre performance financière et développement durable selon que l’on se situe au niveau micro ou macro, mais celui-ci est un facteur de performance, de compétitivité et de productivité selon Thierry Wiedemann-Goiran de l’ORSE (Observatoire de la Responsabilité Sociale des Entreprises). Il existe un équilibre possible entre ces différents aspects si l’on redéfini la notion de performance de l’entreprise vers une performance globale. Cette évaluation passe notamment par l’élaboration de critères de reporting, comme ceux proposés par la Global Reporting Initiative (GRI), qui rendra publique en octobre la 3ème version de ses lignes directrices : le G3. Le processus d’amélioration continu des lignes directrices du GRI a été mené grâce à l’organisation de rencontres appelées « sneak peeks » ou de nombreux acteurs du développement durable ont pu apporter leur contribution. Les 3 principaux axes de réflexion sont : les indicateurs, les processus de reporting et les marchés financiers. Le GRI a beaucoup travaillé avec les marchés financiers pour élaborer le G3. S’il est difficile d’affirmer que toutes les entreprises vertueuses sont récompensées par le marché, on peu au moins dire que celles qui ne le sont pas sont sanctionnées par le marché. La relation entre les performances boursières et le développement durable se traduit en grande partie par l’appréciation des risques sociaux et environnementaux : le dialogue social par exemple limite les risques de conflit, ce qui se chiffre en termes boursiers. On voit ainsi l’apparition d’analystes extra-financiers, comme le cabinet Innovest, agence de notation et de conseil fondée en 1995 par Matthew Kiernan pour qui les 4 critères déterminants qui traduisent la politique de développement durable d’une entreprise sont : l’environnement, le capital humain, l’implication des parties prenantes et la gouvernance stratégique. Le montant des fonds de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) connaît une croissance annuelle spectaculaire de 76%. S’il n’est pas encore prouvé que ces fonds sont plus ou moins performants que les autres, on sait déjà qu’ils sont au moins comparables. En 2003, une enquête réalisée auprès des analystes et des gérants de la Société Française des Analystes Financiers montre que les analystes buy-side (auprès des gestionnaires de fonds) sont plus sensibles aux questions de développement durable et d’ISR que les analystes sell-side (chargés d'informer et conseiller les clients qui opèrent en bourse). Au-delà de ses investissements dans les fonds spécialisés ISR, la Caisse des dépôts a choisi de tenir compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sur l’ensemble de son portefeuille d’actifs. En 2001, la Caisse des Dépôts a créé Novethic, qui joue un rôle unique en France d’information sur la responsabilité sociale des entreprises et l’investissement socialement responsable. La prise en compte du développement durable chez les investisseurs passe forcément par une approche à long terme. Or il semble que la vision du profit à très court terme, en vogue depuis une quinzaine d’années, soit en train de changer, et ce malgré la mise en place de nouvelles normes comptables IFRS qui poussent vers le court terme. Les investisseurs fortement impliqués dans la durée avec une entreprise prennent en compte les risques et la création de valeur, et sont donc en attente d’une forte gouvernance. Conférences thématiquesNon discrimination et diversité dans l’entreprise
C’est une évidence pour presque tout le monde sur le terrain, et c’est un fait établi maintenant par de nombreuses études : dans l’accès à l’emploi, la concurrence n’est pas égale. Lorsque l’entreprise réalise elle-même ses recrutements, le processus de discrimination est difficile à saisir et à combattre. En revanche, quand intervient un intermédiaire (cabinet de recrutement, service public de l’emploi, agence de travail temporaire), la demande discriminatoire doit être plus ou moins explicitée et l’intermédiaire se trouve confronté au choix de l’accepter ou non, même si le choix final appartient à l’entreprise. De 2002 à 2006, cinq partenaires nationaux, deux publics et trois privés, ont entrepris, avec le soutien du Fond Social Européen (programme Equal) une vaste recherche-action visant à réduire le phénomène de discrimination dans l’accès à l’emploi, notamment par le biais du travail temporaire. Adecco et Adia ont ainsi pu recevoir un appui politique, méthodologique et financier qui les aide à pousser plus loin leurs projets de développement de la qualité de leurs prestations, en l’intégrant à leur politique générale de RSE. Le réseau d’entreprises IMS (Institut de Mécénat de Solidarité) - Entreprendre pour la Cité a pu être associé à une des premières opérations de grande ampleur sur cette thématique, ce qui lui a ensuite permis de développer d’autres projets en lien avec la discrimination et la gestion de la diversité. Casino est également partenaire depuis 2002 de l’initiative Equal, et récemment signataire de la « Charte de la diversité dans l’entreprise », initiative de l’Institut Montaigne, en partenariat avec le réseau IMS. Depuis plus de 10 ans, Casino s’implique dans la lutte contre toutes les discriminations, et cet engagement est intégré depuis 2002 dans les 10 engagements de sa charte de développement durable. Au-delà des actions de communication et de sensibilisation, la CFE-CGC insiste sur la nécessité de mesures concrètes tant pour l’accès à l’emploi que pour l’évolution dans l’emploi. Sa démarche en faveur de la diversité suppose de définir la diversité à promouvoir, de la mesurer grâce à une série d’indicateurs, et d’élaborer des instruments opérationnels garantissant la diversité dans la société et dans l’entreprise. L’ORSE (Observatoire de la Responsabilité Sociale des Entreprises) a élaboré des accords portant sur l’égalité professionnelle et la diversité dans l’entreprise, signés par les partenaires sociaux dans un cadre européen, au niveau national français interprofessionnel, dans les branches professionnelles et dans les entreprises. Si la CFE-CGC attend des sanctions sévères (sanctions pénales,
civiles ou administratives) pour atteindre l’objectif de la diversité,
Farid YAKER, coordinateur d’ENDA Europe pense que les entreprises
ne doivent pas percevoir la diversité comme une obligation imposée par
les pouvoirs publics et les groupes discriminés. Il préfère véhiculer
l’idée que bien gérée, la diversité peut-être source de performance pour
les entreprises. Notation, évaluation : les nouvelles pratiques
La notation sociétale permet d’estimer le capital immatériel apporté par l’application de démarches de développement durable en faisant un état des lieux lors d’une notation sollicitée. Elle permet également à l’entreprise de progresser en s’étalonnant lors d’une notation déclarative (benchmarking objectif) et constitue un facteur de motivation en interne. L’agence de notation Vigeo, fondée en 2002 par Nicole Notat, définit 2 approches possibles de la RSE. La prise en compte des parties prenantes peut être considérée comme une fin en soi (approche normative), ou n’être qu’un moyen en vue d’une fin, qui nécessite alors la hiérarchisation des parties prenantes dans la définition et le déploiement des engagements de l’entreprise (approche instrumentale, qui montre ses limites dans la réalité opérationnelle). La RSE représente un champ de risques systémiques, mais qui peuvent être convertis en facteurs de performance. Le référentiel d’objectifs défini par Vigeo selon 6 domaines d’évaluation est projeté sur un modèle de management orienté vers l’amélioration continue. Le comportement d’une entreprise est ainsi divisé en 3 domaines : la politique de l’entreprise vis-à-vis de sa responsabilité, le déploiement (les moyens qu’elle se donne) et les résultats mesurables. Des améliorations sensibles ont été apportées dans le processus de reporting des entreprises grâce à l’amélioration des outils et des processus, bien qu’elles soient toujours confrontées à des difficultés dans la définition et l’intégration de référentiels locaux au niveau global. Hervé Casterman de Gaz de France pense que les entreprises doivent aider les agences à élaborer leurs critères de notation. La notation sociétale pâtit encore de sa jeunesse et doit acquérir plus de maturité, qui passera par une unification des méthodologies. Bien que le volet environnemental soit souvent la partie la mieux maîtrisée par rapport aux aspects sociaux mais surtout sociétaux qui sont encore flous, l’association les Amis de la Terre a élaboré un rapport sur la politique environnementale des principales banques française qui montre que les objectifs des politiques environnementales dans le secteur bancaire sont très vagues ou médiocres. L’association insiste sur le besoin urgent de légiférer et de mettre en place des sanctions sur le non respect de la NRE, qui incitent notamment les banques à consolider au niveau national les informations provenant des caisses régionales. L’association réclame un reporting sur la totalité des impacts environnementaux directs et indirects (politique de financement et d’investissement), la publication des évaluations internes et externes des politiques environnementales, ainsi que des objectifs publics et mesurables assortis d’échéanciers clairs et de la diffusion des moyens mis en oeuvre. Aux enjeux initiaux collecter, consolider et restituer se rajoutent aujourd’hui de nouveaux objectifs : vérifier, partager, personnaliser et progresser. Selon Philippe Tesler, fondateur de la société Enablon (éditeur de logiciels de reporting), la communication sur les seules bonnes actions tend à laisser la place à l’identification des points faibles et des progrès envisagés, dans une démarche d’amélioration continue, une vision que ne partage pas Nicolas Blanc du Comité 21 qui regrette qu’aujourd’hui « le reporting ne donne pas assez de vision des enjeux prioritaires de l’entreprise ». Les périmètres de consolidation des données sont encore trop flous selon lui, et les relations avec les fournisseurs et les sous-traitants ne sont pas suffisamment prises en compte. De plus, le tissu des parties prenantes n’est pas intégré dans le processus de prise de décision : elles ne sont pas assez impliquées en amont : l’évaluation suppose une démocratisation des enjeux qui passe par des indicateurs agrégés, fédérateurs et accessibles. Cette idée de personnalisation du reporting en fonction des parties prenantes est également défendue par Robin Edme, du cabinet de conseil Ecodurable, qui vient conclure ce débat en jetant un pavé dans la mare : pour l’instant, il n’existerait pas de lien tangible entre la notation ou l’évaluation extra-financière et la performance économique. La notation souffrirait encore de 4 types de confusions : - sémantique : que mesure t’on exactement (un résultat, un niveau de risque, une performance) ? - des approches trop hétérogènes : il existe des écarts énormes entre les notations de plusieurs agences pour une même entreprise - des modalités de notation : souvent déclarative, parfois sollicitée, quelque fois vérifiée - la conception même de la RSE : la distinction entre les enjeux que la société demande à l’entreprise et ceux nécessaires à sa pérennité est encore floue De nouveaux acteurs, les brokers, intègrent des aspects
sociaux ou environnementaux dans leurs travaux. Leur implication est la
preuve de l’intégration croissante de critères extra-financiers dans la
finance classique et ouvre le chemin vers une professionnalisation de
la notation sociale. Développement économique local : quelles responsabilités des collectivités locales et des entreprises ? Quels partenariats ?
Engagé depuis plusieurs années dans une démarche de qualité environnementale globale, le territoire de Senart a depuis toujours recherché un équilibre entre le développement urbain et le respect de son environnement, notamment à travers l’élaboration de la Charte de Qualité Environnementale » mise en place en 1999, qui vise à maîtriser les impacts des activités sur l’environnement tout en intégrant les spécificités locales. Cette charte constitue un label porteur d’image pour les entreprises engagées. Ce n’est donc pas un hasard si Sénart a été désigné il y a un an par le Conseil Général pour développer le premier Ecopole d’Ile de France, projet pilote au niveau européen qui intègre dans sa conception, sa mise en œuvre et sa gestion la protection de l’environnement. Enfin, Sénart souhaite que le développement durable s’inscrive dans une démarche de création de valeur par une approche territoriale ciblant les secteurs porteurs de développement économique et fondée sur une logique de clusters. De même, la situation de Loos-en-Gohelle dans le Bassin Minier du Nord - Pas de Calais illustre les opportunités générées par une politique de développement durable transversale et cohérente : motivation et implication de la population, gain d’image et d’attractivité, partenariats multiples. Le développement économique passe par la promotion d’initiatives solidaires ou à portée environnementale, qui sont des alternatives au capitalisme traditionnel. Enfin, dans certaines régions rurales, les parcs naturels régionaux tentent de traduire concrètement leurs stratégies de développement durable de manière différenciée, afin de renforcer l’identité et l’attractivité du territoire. Un rôle d’animateur leur est conféré, pour mettre en réseau les différents acteurs de la région. Leur objectif est de favoriser le développement du territoire basé sur la valorisation de leur patrimoine, en aidant les acteurs à expérimenter pour anticiper les évolutions que connaît le milieu rural. Du côté des entreprises, l’exemple d’Unima, une entreprise de pêche à la crevette à Madagascar qui s’est développé avec les standards du nord, montre l’impact que peut avoir une entreprise sur le développement local. Ses actions en faveur de l’environnement, de la biodiversité et des populations locales sont nombreuses : lutte contre la déforestation, méthode de pêche responsables, dialogue avec la population et surtout développement communautaire qui favorise l’intégration du groupe dans son environnement humain. L’entreprise montre qu’elle peut assurer une croissance importante tout en assumant un rôle d’aide au développement. De la même manière, le rapport au territoire prédomine
dans l’approche du développement durable d’Eiffage Construction :
l’entreprise se définit comme un acteur économique et social local. Chaque
entreprise filiale du groupe conserve la marque constitutive de son identité
et de son enracinement territorial. En amont de la réalisation d’un projet
de construction, d’aménagement ou immobilier, l’entreprise initie des
démarches de mise à contribution des connaissances et des compétences
des acteurs locaux concernés suivant des approches partenariales et concertées.
Enfin, l’entreprise s’engage dans de nombreux projets autour de l’emploi
et de l’insertion, ainsi que dans des actions humanitaires. Marché de droits d’émission : quel impact pour la compétitivité des entreprises ?
La mise en place du système européen d’échange des quotas en janvier 2005 a été complexe : il a fallut émettre suffisamment de quotas pour permettre la fluidité des échanges, mais pas trop pour éviter l’inflation. Si le marché des quotas est intéressant dans son principe, « sa mise en œuvre pose de gros problèmes » explique Jean-Paul FRANIATTE, Délégué général de la Confédération des Industries papetières, et ceci pour plusieurs raisons : L’accroissement des coûts : qu’ils soient directs (liés à l’achat des quotas, à la couverture du risque et aux opérations permettant de faire fonctionner le système) ou indirects (liés à l’impact du marché des quotas sur le prix de l’électricité). La difficile prise en compte des secteurs en croissance : découpler la croissance des émissions et la croissance de la production n’est possible que s’il existe des technologies de rupture. Dans des secteurs comme le papier, les gains d’efficacité énergétique sont minimes. Le risque de distorsion de concurrence : au sein d’un même état, les contraintes ne sont pas les mêmes entre 2 secteurs pourtant susceptibles d’être concurrents sur certains produits, au niveaux des marchés mondiaux, certains pays subissent peu ou pas de contrainte carbone. Le coût du transport est souvent inférieur au renchérissement du coût de production résultant de l’achat de quotas d ‘émission. Les marchés européens sont donc ouverts aux importations de concurrents non soumis à la contrainte carbone, ce qui ne laisse pas le choix aux industriels européens que de produire à l’extérieur de l’Europe. La mise à l’écart des secteurs diffus : le marché des quotas a une trop faible incidence sur les secteurs du bâtiment et du transport, qui représentent pourtant la moitié des émissions de GES. Sans juste répartition des contraintes carbone (entre Etats et au sein des économies), le risque est très fort de créer d’importants différentiels de compétitivité. Pour Claire Tutenuit, Déléguée générale de Entreprises pour l’Environnement, il est urgent de modifier le système d’échange européen pour préparer les négociations mondiales de l’après 2012, qui doivent capitaliser sur cette expérience européenne pour créer un système mondial plus efficace et plus équitable, de façon à être acceptable par plus de pays. A l’opposé, Christian de Perthuis, Conseiller à la Caisse des Dépôts, pense que le système européen d’échange des quotas n’affectera pas réellement la compétitivité des industriels. Pour lui, le risque réside davantage dans les coûts indirects générés par l’impact du marché des quotas sur le prix de l’électricité. Il est convaincu que le marché des quotas a donc un bel avenir devant lui si la 2ème phase de mise en application (qui passe par l’utilisation de crédits issus de mécanismes de projets et la gestion des nouveaux entrants et sortants) est bien gérée. Développement durable et management des ressources humaines : quels leviers ? Quelle organisation ?
Le mouvement du développement durable interpelle la fonction R.H. dans les rôles tournés vers le futur et plus particulièrement celui d’agent de changement. Il est clair qu’au-delà de son rôle stratégique, la fonction R.H. doit relever des enjeux de valeur ajoutée et de diversité. La satisfaction de l’ensemble des parties prenantes (sociales et sociétales) est ici déterminante pour permettre à l’entreprise d’être perçue comme socialement responsable. A tous les niveaux de l’organisation, la RSE implique la définition d’un projet sociétal auquel chacun des acteurs puisse se référer. C’est ce projet qui donne un sens à l’engagement individuel et collectif dans la poursuite concomitante des performances économique, sociale et environnementale, qui ne peut être obtenu que par la transparence et la crédibilité des dirigeants. Le manque d’exemplarité de certains dirigeants est en effet souvent synonyme d’absence de transparence et de crédibilité qui sont pourtant, selon Charles-Henri Besseyre des Horts, Professeur à HEC, source d’un avantage concurrentiel durable pour les entreprises. Une politique RSE a une double vocation, interne
et externe. La mobilisation des collaborateurs passe par l’intégration
du développement durable dans les pratiques professionnelles, en élaborant
un référentiel d’engagement RSE traduit en pratiques professionnelles
clés et en mettant à la disposition des équipes un dispositif d’autoévaluation
de leurs pratiques qu’elles puissent partager entre-elles. Les critères
RSE doivent être intégrés dans le processus d’audit interne et externe,
ainsi que dans le management des ressources humaines. Enfin, les équipes
en progrès doivent être valorisées, ainsi que les engagements sociétaux
des salariés. Les salariés d'Orange peuvent par exemple s'impliquer dans
le mécénat de l'entreprise en se mobilisant et en s'engageant en dehors
de leurs heures de travail, pour accompagner des projets qui les touchent. Ecologie industrielle, éco-activité, recyclage
L’éco-conception constitue une démarche préventive adaptée aux produits, pour une meilleure prise en compte de l’environnement. Elle consiste à intégrer dés la démarche de conception, les impacts environnementaux du produit tout au long de son cycle de vie. En dépit de son statut de pionnier en matière d’éco-conception, la France reste frileuse en termes d’applications pratiques. Aujourd’hui, l’éco-conception relève essentiellement de démarches volontaires, dont les bénéfices pour l’entreprise elle-même sont multiples : se différencier par rapport à la concurrence, devancer les crises, les contraintes et les attentes nouvelles du marché, être vecteur de motivation interne et anticiper les réglementations à venir. Certaines réglementations ont déjà vu le jour, notamment dans le domaine de l’électroménager avec les législations DEEE ou ROHS dont les objectifs louables sont ternis par une mise en œuvre trop complexe est trop locale. Selon l’entreprise Lexmark, pourtant engagée dans des pratiques effective d’éco-conception, une grande partie du coût de mise en place de telles législations pourrait être économisé par une meilleure prise en compte dans les textes de la réalité des enjeux et processus industriels. Béatrice Marneffe, Directrice des relations institutionnelles Europe chez Lexmark France, insiste également sur le rôle des autorités publiques dans l’éducation indispensable des consommateurs, levier d’action sur le marché. L’ADEME a notamment mené des campagnes de sensibilisation destinée aux consommateurs, mais également aux entreprises pour lesquelles elle a mis en place des études, supports et outils pour les accompagner dans leurs démarches, qui doivent impérativement aboutir au développement de compétences générales en éco-conception en interne, même si certaines compétences techniques doivent être externalisées auprès de spécialistes. Dans le domaine de la création il est intéressant de constater que certains produits éco-conçus sont, hors de toute considération environnementale, distingués par le monde du design pour leur fonctionnalité et leur esthétique. Ce sont des aspects qui ne sont pas mis de côté par Kinnarps, entreprise suédoise de fabrication de mobilier de bureau dont la démarche de développement durable passe non seulement par une prise en compte globale des facteurs sociaux et environnementaux, mais également par la recherche de valeur d’usage, d’ergonomie et de diminution de la pénibilité. La démarche globale d’éco-conception de Kinnarps est en effet une illustration en la matière : depuis l’amont de la production (forêts labellisés, diminution de solvants…) jusqu’au recyclage et à la réparabilité des produits, en passant par leur fabrication (valorisation des sous-produits, sites ISO 14001, EMAS…), leur distribution (cartons réutilisables, paquets allégés) et leur utilisation (ergonomie, qualité…) l’impact environnemental, social et sociétal du mobilier fabriqué par la société est pris en compte. Cette approche constitue de plus en plus un axe de différenciation et un avantage concurrentiel, surtout dans le domaine public où le nouveau code des marchés incite à prendre en compte ces paramètres. Enfin, l’éco-conception passe par une réflexion sur des nouveaux modes de consommation et l’élaboration de scénarios d’usage innovants : Dominique Bourg, Directeur du Centre de Recherches et d'Etudes interdisciplinaires sur le Développement durable, propose de réfléchir sur des économies de fonctionnalités rendues possibles en substituant le service rendu au produit, dont la phase de production est de loin la plus consommatrice de matière et d’énergie. Cette synthèse a été rédigée par Jean DESPAX, Institut Français du Design, à l’initiative du Réseau européen des Villes Numériques. Les Echos prévoient de diffuser bientôt les actes de cette journée, disponibles sur leur site.
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