Colloque

« Culture des organisations et DISTIC »
organisé par le Laboratoire I3M Université de Nice Sophia Antipolis
Université du Sud Toulon Var avec le parrainage de la SFSIC:
8 - 9 décembre 2005

Les organisations territoriales au défi de l’apprentissage
Villes et territoires
à l’heure de l’émergence d’une société de la connaissance

Résumé de la communication, Laura Garcia Vitoria

Depuis Herbert Simon, il y a maintenant plus d’un demi-siècle, nous savons qu’une organisation peut être apprenante et par là même mettre en place les conditions mêmes de démarches innovantes. Et pourtant, nous ne pouvons que constater - pour le moins - une réelle diversité dans l’analyse de telles dispositions suivant les horizons culturels sur lesquels nous portons nos analyses : les « construits cognitifs » territoriaux en Europe sont loin d’être tous soumis à la même enseigne !

Au travers de nombreux programmes d’accompagnement des acteurs territoriaux développés sous notre égide par le Réseau européen des Villes Numériques (www.villesnumeriques.org) et singulièrement de celui consacré précisément aux villes de la connaissance, nous ne pouvons que nous interroger sur les mécanismes à l’œuvre en la matière à l’échelle des territoires et sur les DISTIC dont la non-pertinence des agencements ou encore clairement les défaillances apparaissent largement à l’origine des blocages majeurs qui affectent certains territoires.

La difficulté de gestion par ces derniers des nouveaux défis de l’épistémologie cognitive et donc de leur participation très concrète à la production et à la gestion des savoirs et des savoir-faire (au travers par exemple de portails locaux de formation destinés aux habitants) apparaît ainsi due aux archaïsmes d’un management de l’identité territoriale dont la dynamique s’avère pourtant nécessaire - des centaines d’analyses l’ont démontré au cours de ces dernières années - à la mise en place de processus d’innovation.

Aider les entreprises à mutualiser leurs marchés au travers d’une collaboration interrégionale, mettre au point entre acteurs de R&D des dispositifs de veille économique, contribuer à créer de nouvelles agoras du savoir sous forme d’universités libres territoriales (soixante-dix en France à ce jour) constituent autant de modalités d’une démarche globale de construction de nouveaux rapports entre savoirs, création et connaissances. En sont issues les capacités de compétitivité d’une ville et d’une région dans l’attractivité économique et culturelle et dans la création par des collectivités d’images nouvelles qui président à leur développement.

Les dispositifs de marquage de l’espace, expérimentés récemment à Helsinki et à Londres, constituent ainsi une démarche quasi-emblématique des DISTIC territoriaux. Ils augurent parfaitement des risques certes de la non prise en compte de divers paramètres technologiques dans le domaine de la géolocalisation, mais surtout de ceux qui relèvent de l’incapacité de gestion des nouveaux rapports sociaux qui peuvent naître entre tous ceux qui fréquentent un même espace et qui se transmettent informations et savoirs. Ce n’est là évidement que l’une des multiples facettes du grand défi mis en exergue par les récentes analyses de prospective territoriale. Laura Garcia Vitoria