VERS DES VILLES ET TERRITOIRES
DE LA CONNAISSANCE

Un agenda de Lisbonne territorial

L’ANALYSE DU RESEAU EUROPEEN DES VILLES NUMERIQUES
RELATIVE AUX FUTURS AXES STRATEGIQUES
ET ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE EUROPEENNE DE COHESION
POUR 2007 - 2013 © (29 septembre 2005)

Laura Garcia Vitoria
Directrice scientifique du Réseau européen des Villes Numériques

I - La coopération territoriale, une priorité pour la construction européenne

Les réseaux territoriaux, en deçà et au-delà des frontières, constituent de parfaits réseaux d’excellence et il conviendra à l’avenir de les traiter en tant que tels. Notre point de vue est ici naturellement objet de possibles controverses, mais si l’essentiel des financements était consacré à de telles démarches, notre Réseau est convaincu - après des années d’expériences - que nous serions là en présence d’un élément moteur et décisif de la construction européenne. Dépend d’une telle démarche en effet le développement durable du territoire de l’Union : nous entendons la soutenir au travers par exemple du projet de création d’une Maison européenne de l’Ethique et du Développement durable à Paris, largement ouverte à l’ensemble des collectivités locales.

Quelques soient les efforts accomplis - et ils ont été conséquents tout au long de ces dernières années -, les acteurs territoriaux continuent largement à ignorer leurs projets et réalisations réciproques. La difficulté - parfaitement compréhensible, sur le plan juridique notamment - de la Commission à médiatiser les projets les plus porteurs et le fait que cette tâche aît été laissée sommes toutes aux Etats constitue ici clairement l’un des aspects les plus négatifs des années passées. De l’acteur économique à l’élu, tous les promoteurs de l’économie du savoir en ont un besoin impératif. Un journaliste suédois définissait ainsi récemment dans une conférence à Paris le « retard technologique » de certains territoires au travers d’un manque de transparence. Les financements régionaux, même si cela s’avère le plus souvent profondément injuste, font l’objet à ce jour d’une même perception : il convient clairement d’y mettre un terme.

Le Réseau européen des Villes Numériques se propose tout particulièrement à cet égard - au travers notamment de son futur statut de Fondation - d’accompagner le cas échéant la Commission afin qu’un état des lieux régulier puisse être connu de tous les acteurs et décideurs et sans que la nécessaire impartialité des services de la Commission puisse être d’une quelconque manière incriminée.

Les deux points évoqués à cet égard sont essentiels :

-          les stratégies de développement partagées d’une part : on notera combien là encore une réelle connaissance de la diversité de nos territoires, de leur histoire économique sur le long terme, des racines de leur patrimoine social sont indissociables pour ce faire et les dispositifs de formation des acteurs montrent souvent à ce niveau une réelle pertinence. Le RVN se propose de constituer à cette fin des pôles de compétence et de formation pour tous ceux qui ont en charge à des titres divers les divers aspects du développement de leur ville et de leur région : le premier d’entre eux devrait voir le jour dès 2006 et concerner l’ensemble des 25 membres de la Communauté.

-          la mise en réseau des parties prenantes d’autre part : il convient impérativement de rapprocher les réalités des laboratoires, de la formation, de la gestion entrepreneuriale et territoriale. Là encore, c’est en réalité d’un immense travail de transfert des connaissances dont il s’agit, au travers par exemple de la constitution de groupes de mutualisation des savoirs évoqués par les écrits récents de nombre d’économistes. Retour