Revista en Linea ARENOTECH - Enero 2005© - Revue en ligne ARENOTECH - Janvier 2005©
Webcreatividad - Webcreativité - Webcreativity

Webcreativité et constructivisme
Miguel Angel Pérez Alvarez,
UNAM, Mexico, mapa@servidor.unam.mx

"Mon seul problème dès que je commence à réfléchir est la créativité. Je la considère du point de vue de la psychologie individuelle de mes premiers travaux sur la volonté, après sur le plan culturel avec l’étude de symbolismes. Mes recherches actuelles sur le récit me placent justement au cœur de cette créativité sociale, culturelle, car raconter (...) est l’acte le plus constant de nos sociétés. En se racontant, les cultures se créent elles-mêmes. Par conséquent, je retourne au cœur même du problème de la créativité sur le plan collectif, communautaire".

Paul Ricoeur, L'histoire comme récit et comme pratique

Résumé. D’un rappel sur le constructivisme, on fait une réflexion les approches créatives et ses caractéristiques. Puis une réflexion sur webcréativité, générée de manière collective. Avec des pensées sur les conséquences pédagogiques.

Abstract. Starting from constructivism, the article thinks on creative activities based on main characteristics defining those. Then does a thinking on webcreativity: a form designing creativity as a product generated in a collective manner, supported by communications based on new technologies which define multidirectional, asynchronous and equitable communication between participants in a virtual community.

Mots clés: constructivisme, créativité, webcréativite, pédagogie

Key words : constructivism, creativity, webcreaivity, pedagogy

Le constructivisme est la forme générique de se référer à un groupe large et hétérogène de psychologies et philosophes qui partagent la vision de l’intelligence humaine comme un produit d’une construction toute la vie. Dans la même orientation, on met aussi des noms comme J. Piaget, L. Vygotsky ou César Coll, pour signaler quelques penseurs des diverses latitudes et relevance.

L’intelligence est le résultat d’un processus de construction qui inclut une transformation constante des catégories qui nous permettent de comprendre le monde qui nous entoure, le représenter intellectuellement et le transformer en fonction de nos besoins. Un enfant construit son intelligence en transformant constamment ses schéma de représentation du monde et dans cette tâche ses rapports avec le monde, avec l”autre”, jouent un rôle essentiel. Nous construisons notre connaissance du monde, elle n’est pas transmise ou injectée, ni enregistrée sur notre front avec du sang.

Les adultes, qui ignorent ce processus de construction, imaginent que les connaissances sont en réalité une sorte de “bien”, une “chose” que l’on peut stocker, faire circuler, produire, présenter avec des couleurs, dans un moniteur ou simplement s’échanger ou cacher. Peut-être pour cette raison ils organisent des activités d’enseignement dans les écoles, les séances de classes, comme una transmission de “connaissances”. Cette vision est une vision mécanique et très limitée de la connaissance humaine car, en partant des concepts les plus élémentaires et jusqu’aux valeurs que nous appliquons dans les décisions morales, tout a été construit de manière individuelle (les différent savoirs), par exemple ce qui est un vélo et savoir en faire. Il est différent lire au tableau une liste de “valeurs” dans la salle de classes que de faire que mon comportement s’ajuste à ces valeurs.

Si l’intelligence est le résultat d’un processus de construction individuelle, qui se produit grâce à l’interaction avec le milieu, les relations sociales, le contact avec les processus culturels, sociales, politiques, alors une fonction vitale de toute communauté doit être celle de créer des espaces qui favorisent le développement de cette faculté. L’intelligence est le plus grand don qui a la personne et plus intelligente elle devienne plus elle fera face aux défis de la vie quotidienne. Il ne sert à rien savoir ce qui est un rectangle si l’on n’es pas  capable de calculers le nombre de briques nécessaire pour recouvrir la surface d’une maison

Tous ces processus sont donnés avec ou sans l’intervention éducative mais dans certains cas peuvent être plus riches et profonds si nous les envisageons et organisons délibérément

Il y a de personnes qui regardent du côté de l’antiquité pour savoir comment on enseignant aux enfants à penser et suggèrent une simple transposition de la maïeutique au espace scolaire actuel. Ce n’est pas une vision suffisante car le processus de construction de connaissances ce n’est pas la “découverte” de la vérité mais un  processus beaucoup plus ardu dans lequel, en même temps que nous entrons en contact cognitif avec le monde, nous construisons les catégories qui nous permettent de le connaître (habilités métacognitives). Cela implique que, en même temps que nous  connaissons ou cherchons à connaître le monde alentour, nous pouvons développer la capacité de penser sur comment je connais, ce que je connais, que sais je aujourd’hu,i que je savais pas hier ou comment change ma vision du monde par rapport à celle que j’avais hier. D’autres parlent de la “intuition” comme moteur de la moralité. La moralité est le résultat d’un processus de construction du critère moral. Kohlberg a étudié profondément ce processus à partir des œuvres de Piaget, spécialement La construction du critère moral de l’enfant.

La créativité est une forme général concernant le développement d’une habilité spéciale destinée à appliquer l’intelligence, de manière nouvelle, à la production de nouvelles idées, produits, solutions, artifices, points de vues.

Selon Gerardo Martínez,  la créativité est un concept difficile de définir mais nous pouvons établir des aspects essentiels: "...devrait exister un produit observable qui peut être utile, un tableau, une idée, un poème, un comportement (...)  ayant comme caractéristique fondamentale la nouveauté" [1]

Les activités créatives ont certaines caractéristiques de base: émergent de la curiosité, ou disposition à l’exploration du milieu environnant, se basent sur un intérêt, la motivation que l’on a vers certains objets ou situations; implique des actions manuelles (traiter avec ses mains) ou pensées, nécessite de connaissances préalables, attirent complètement notre attention et impliquent toute la personne, et le résultat satisfait les expectatives du sujet.[2]

Créer un environnement ou écosystème apte à la réalisation d’activités qui promeuvent la créativité implique :

Dans mon expérience personnelle, il est fréquent que le professeur calme son angoisse quand il organise des activités d’enseignement comportant l’action de l’étudiant en "lui suggérant” des solutions ou bien en lui donnant une parie de la réponse au problème ou défi proposé. Il s’agit probablement du comportement le plus fréquent, et la manière la plus efficace de bloquer le développement de la créativité. Le lemme continue d’être : “Il n’y pas d’erreurs, il n’y a que des opportunités pour apprendre”.

La webcréativité est peut-être une forme de concevoir la créativité comme un produit généré de manière collective ou communautaire en profitant ds communications que l’on peut établir, grâce aux nouvelles technologies qui possèdent le caractère de la communication multidirectionnelle, asynchrone et équitable de ceux qui participent dans une communauté virtuelle (soit un club, un groupe scolaire, un groupe d’intérêts communs, une communauté religieuse…). Maintenant par extension, on applique ce terme à l’intelligence qui est le produit de la somme du travail en collaboration d’un groupe d’experts ou de personnes qui partagent des intérêts communs et apportent des idées et travail pour la solution innovatrice d’un problème à travers un réseau électronique (un réseau local, un réseau plus élargi ou l’Internet).

Une question qui tourne pour un enseignant, préoccupé de l’efficacité et pertinence de ses interventions, est si l’élève peut être guidé pour être créatif. Cette question fait défaut dan sa propre formulation car dans une perspective  "constructiviste" on devrait se demander sur “si les conditions et expériences éducatives organisées par l’enseignant créent des conditions pour que l’élève développe la créativité ». C’est un processus que chaque individu doit expérimenter car c’est lui qui est en conditions d’aider à changer ses modes d’être, faire, penser. Cela implique nous questionner sur le type d’apprentissage que nous pouvons stimuler avec un environement virtuel. Dans un article récent Dorothy Leonard et Walter Swamp se demandent sur la manière comment se transféreraient les habilités intellectuelles et de travail de la NASA  des spécialistes qui ont mis l’homme sur la lune (ils seront à la retraite dans dix ans!) vers les spécialistes plus jeunes. Cette connaissance et expérience ne sont pas un liquide ou un solide que l’on peut deverser ou donner. 

Devant le pseudo apprentissage, selon lequel les activités scolaires orientées à transmettre l’information (présenter des tables de valeurs, donner des exemples, exhibition audiovisuelle) sont les formes privilégiées d”apprendre”, nous proposons faire une révolution copernicienne pour transformer ainsi les expériences éducatives en activités centrées sur l’interaction entre l’étudiant et la réalité, au lieu d’organiser des expériences centrées sur l’enseignant.

L’apprentissage profond, par exemple, s’orient vers un processus de construction  de connaissances et développement d’habilités qui est faisable seulement si l’élève vit les expériences éducatives qui lui permettent d’expérimenter des situations de la vie réelle (ce que Scardamalia ( [4]) a appelé  "situating cognitive learning").  Selon Leonard et Swamp ([5]), l’apprentissage profond se trouve au plus profond d’un ensemble d’expériences de type éducatif que nous connaissons. Selon ma lecture du texte de ces psychologues américains, il s’agirait d’aller du niveau de profondeur 1 au  8:

Comme on le voit, le degré d’activité de l’élève augmente au fur et à mesure que l’on va vers le niveau 8 et l’intervention de l’enseignant se réduit plus on se rapproche du niveau 8. Pour conclure avec la vision constructiviste, le dessin de l’apprentissage peut être utile s’il nous permet ou nous invite à être créatifs (un apprentissage profond qui transforme la manière selon laquelle nous développons et employons les catégories intellectuelles - au moyen desquelles nous pensons le monde qui nous entoure) et profite des bontés de nouvelles technologies pour aider à la participation de l’élève, met en jeu ou a lieu dans le contexte des activités de la vie réelle, cherche le développement d’habilités intellectuelles et favorise la construction de connaissances.

Il est intéressant de voir que les anciens de la NASA ont commencé un processus de “transfert” d’habilités. Il  consiste en un travail de spécialistes plus jeune à travailler dans des problèmes de la “vie réelle” sous la supervision des anciens. L’apprentissage dans un contexte et apprentissage profond.

Je me demande si les approches pédagogiques qui servent de fondement à l’éducation en ligne considèrent réellement le rôle de l’apprentissage dans un contexte (situating learning) de l’apprentissage profond et si les activités d’apprentissage qui se présentent dans les cours en ligne s’orientent vers une relation profonde entre les tâches qui réalise un élève dans le monde réel et les tâches d’enseignement qu’on le lui demande dans une école virtuelle.

Par ailleurs, il me semble qu’un autre thème absent dans les réflexions autour des fondements pédagogiques de l’éducation en ligne est ce que les américains Dorothy Leonard  et  Walter Swap appelle apprentissage profond.

Il est important réfléchir sur la question de comment cette vision constructiviste des processus d’apprentissage s’élargit à l’activité. Par exemple, suivant avec notre thème de l’éducation en ligne, il est relativement facile de dire comment pouvons nous véhiculer les actions mentionnées afin d’organiser des écosystèmes aptes au développement de la créativité :

Cela implique utiliser des plateformes de technologie de l’information assez « plastiques” ou avec plasticité suffisante pour que l’enseignant organise des expériences qui favorisent les processus intellectuels dans lesquels les étudiants développent les aptitudes et la confiance pour explorer des situations nouvelles et offris des descriptions nouvelles – et de nouvelles idées – par rapport à comment s cet entourage doit être organisé ou transformé. Pour être créatif je dois profiter de la plasticité des nouveaux moyens afin de faire des activités  qui permettent de grandir comme une personne créative.

Je crois q’un apprentissage qui garantit le développement de la créativité implique passer de l’enseignant “buste parlant” au facilitateur ou guide. De l’étudiant qui est consommateur net d’information à un qui soit capable de produire de connaissances nouvelles. En attendant beaucoup se servent de la technologie pour faire des causeries agréables, publier des articles bien pensants et rien de plus.


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