Réunion du Conseil scientifique d’ARENOTECH
Abbaye de Fontevraud, 19 et 20 mars 2005
Expériences participatives

à travers le monde

 

Michel Cartier

www.michelcartier.com - http://www.arenotech.org

 

Voici une description  des activités de technologies d’information se déroulant sur différents types de territoires. Cette grille de lecture permet de positionner les expériences en cours à travers le monde.

 

Durant les cinq dernières années, nous n’avons pas vécu une récession mais une réorganisation de notre modèle de société  ; les expériences en cours sont le reflet de cette recherche pour développer une société nouvelle grâce à une participation  des citoyens.

1- À la recherche d’un nouveau modèle
... de société

2- Une société fonctionnant par paliers

3- Les stratégies d’appropriation
... passent par les paliers

4- Une relecture des expériences en cours

5- La gouvernance en ligne
.....(villes, collectivités, groupes, etc.)

1- À la recherche d’un nouveau modèle de société

 

À partir de deux pôles …

 

Vers 1968 (en France) et 1970 (en Amérique du Nord) d’importantes secousses sociales amènent les gens à se questionner sur leur modèle de société.  On développe alors un modèle à deux pôles, le citoyen et la société, modèle qui fonctionne  grâce à la théorie des communications.

Ce modèle à deux pôles, utilisant les mass-média, a fait émerger un système économique reposant sur la philosophie du profit comme mesure principale et favorisant le développement de consortiums. Ce type de communication de masse qui cherche à influencer directement l’individu, contribue à l’isoler pour mieux le manipuler et surtout à en faire un consommateur. Isolé, l’être humain n’a aucun pouvoir. Ce type de communication de masse est privilégié par les majors, promoteurs du modèle unique de la société  de marchés.

 

… vers quatre paliers

 

À partir des années 80 émergent les micro-ordinateurs et le vidéotex, tandis qu’Internet se banalise. On développe alors un modèle à quatre paliers : le citoyen, ses groupes informels, ses groupes formels et la société.

 

Grâce à l’émergence d’un Internet interactif, un modèle socioéconomique à visage plus humain devient possible, parce qu’il permet à chaque citoyen de s’exprimer à différents paliers de sa société, ce qui rend possibles les consensus, base de la gouvernance participative.

 

Au point de vue économique, la participation des groupes, à partir des niches, génère des contenus à valeur ajoutée, base d’une économie post-industrielle.

 

2- Une société fonctionnant par paliers

 

Entre 1980 et 1990, les chercheurs ont des visions quelque peu différentes de notre société, mais quand même des visions convergentes. Si nous associons ces différentes études, une vision d’ensemble se dégage : une société fonctionnant par paliers, chacun étant un ordre de complexité des niveaux d’information.

 

Chaque palier est un espace public, c’est-à-dire un niveau de l’expérience humaine, où se développent les consensus nécessaires à la participation des citoyens à la vie de sa société.  Pour l’être humain, l’ensemble des paliers devient un processus d’identification, d’apprentissage et d’interaction, avec « son » monde. Cet ensemble de paliers inscrit l’individu dans un monde de sens. C’est là que les gens deviennent des participants, c’est-à-dire des acteurs du développement.

 

3- Les stratégies d’appropriation passent par les paliers

 

La diffusion des informations par l’État (stratégie descendante ou top dow) vers les citoyens ou ses groupes diffèrent selon les paliers ; tandis que la participation des citoyens (stratégie montante ou bottom up) diffèrent selon les codes de communication utilisés à chaque palier.

 

La technologie Internet permet :

• d’aller rejoindre les gens là où ils sont  ;

• de prendre la parole et ainsi de s’approprier leur territoire (rue, quartier, ville, région, etc.) ;

• à la condition que les TI utilisées soient adaptées au territoire (schéma suivant).

 

Cette prise de parole permet aux gens de développer des identités, c’est-à-dire d’acquérir un sens de l’appartenance. Le citoyen peut-être confronté à une multiallégeance, c’est-à-dire appartenir à plusieurs territoires, l’obligeant de prendre la parole à plusieurs paliers (quartier, région et État par exemple).

 

Ce schéma explique comment se fait l’intermédiation dans le cyberespace.

 

4- Une relecture des expériences en cours

 

Lors de l’arrivée des micro-ordinateurs, au début des années 80, il nous a semblé que l’interactivité, c’est-à-dire la possibilité de médiatiser nous-même des contenus, était la plus importante des caractéristiques.

 

Vers 1995, l’arrivée du Web a ouvert la voie à une diffusion beaucoup plus ciblée, tant et si bien qu’aujourd’hui, la caractéristique la plus importante est l’aspect collaboratif. Cet aspect rend possible la création de valeur ajoutée, richesse du nouvel Internet se mettant actuellement en place et base du prochain bond économique. Les activités collaboratives deviennent les assises de la société de la connaissance qui émerge.

 

L’analyse par paliers des services et des applications (à la page précédente) devra être accompagnée d’une autre étudiant les tendances formelles ou informelles, distribuées ou centralisées qui, lorsqu’elles sont combinées nous révèlent les coûts de mise en place et de fonctionnement.

 

5- La gouvernance en ligne (villes, collectivités, groupes, etc.)

 

La gouvernance repose sur la confiance qui se développe entre des gouvernenants et des gouvernés à partir de leurs opinions. Les deux principaux défis sont :

 

• la transparence de la part des gouvernants.

Celle-ci est créée grâce à des opérations intégrées d’informations utilisant des techniques de communication et de diffusion.

• la participation  de la part des gouvernés.

Celle-ci cherche à créer des consensus de la part des acteurs situés aux différents paliers sociétaux. Ces consensus  sont créées par des techniques  collaboratives.

 

Actuellement, ce schéma est une utopie. Les deux groupes d’acteurs ne se font guêre confiance. La gouvernance en ligne n’est pas tant une question d’utilisation des TI que de mentalités top down et bottom up (stratégies descendantes et montantes) qui ne se sont pas encore apprivoisées. http://www.arenotech.org