![]() |
Réunion
du Conseil scientifique d’ARENOTECH à travers le monde www.michelcartier.com - |
Voici
une description des activités de
technologies d’information se déroulant sur différents types de territoires.
Cette grille de lecture permet de positionner les expériences en cours à
travers le monde.
Durant
les cinq dernières années, nous n’avons pas vécu une récession mais une réorganisation
de notre modèle de société ; les expériences
en cours sont le reflet de cette recherche pour développer une société nouvelle
grâce à une participation des citoyens.
![]() |
|
1- À la recherche d’un nouveau modèle de société
À partir
de deux pôles …
Vers
1968 (en France) et 1970 (en Amérique du Nord) d’importantes secousses sociales
amènent les gens à se questionner sur leur modèle de société. On développe alors un modèle à deux pôles,
le citoyen et la société, modèle qui fonctionne
grâce à la théorie des communications.
Ce modèle à deux pôles, utilisant les mass-média, a fait
émerger un système économique reposant sur la philosophie du profit comme
mesure principale et favorisant le développement de consortiums. Ce type de
communication de masse qui cherche à influencer directement l’individu,
contribue à l’isoler pour mieux le manipuler et surtout à en faire un
consommateur. Isolé, l’être humain n’a aucun pouvoir. Ce type de communication
de masse est privilégié par les majors, promoteurs du modèle unique de la
société de marchés.
… vers quatre paliers
À
partir des années 80 émergent les micro-ordinateurs et le vidéotex, tandis
qu’Internet se banalise. On développe alors un modèle à quatre paliers :
le citoyen, ses groupes informels, ses groupes
formels et la société.
Grâce à l’émergence d’un Internet interactif, un modèle
socioéconomique à visage plus humain devient possible, parce qu’il permet à
chaque citoyen de s’exprimer à différents paliers de sa société, ce qui rend
possibles les consensus, base de la gouvernance participative.
Au point de vue économique, la participation des groupes, à
partir des niches, génère des contenus à valeur ajoutée, base d’une économie
post-industrielle.
2-
Une société fonctionnant par paliers
Entre
1980 et 1990, les chercheurs ont des visions quelque peu différentes de notre
société, mais quand même des visions convergentes. Si nous associons ces
différentes études, une vision d’ensemble se dégage : une société
fonctionnant par paliers, chacun étant un ordre de complexité des niveaux
d’information.
Chaque palier est
un espace public, c’est-à-dire un niveau
de l’expérience humaine, où se développent les consensus nécessaires à la
participation des citoyens à la vie de sa société. Pour l’être humain, l’ensemble des paliers devient un processus d’identification, d’apprentissage
et d’interaction, avec « son » monde. Cet ensemble de paliers inscrit
l’individu dans un monde de sens. C’est là que les gens deviennent des
participants, c’est-à-dire des acteurs du développement.
3-
Les stratégies d’appropriation passent par les paliers
La diffusion des
informations par l’État (stratégie descendante ou top dow) vers les citoyens ou ses groupes diffèrent selon les
paliers ; tandis que la participation des citoyens (stratégie montante ou bottom up) diffèrent selon les codes de
communication utilisés à chaque palier.
La technologie
Internet permet :
• d’aller
rejoindre les gens là où ils sont ;
•
de prendre la parole et ainsi de s’approprier leur territoire (rue, quartier,
ville, région, etc.) ;
•
à la condition que les TI utilisées soient adaptées au territoire (schéma
suivant).
Cette
prise de parole permet aux gens de développer des identités, c’est-à-dire
d’acquérir un sens de l’appartenance. Le citoyen peut-être confronté à une
multiallégeance, c’est-à-dire appartenir à plusieurs territoires, l’obligeant
de prendre la parole à plusieurs paliers (quartier, région et État par
exemple).
Ce schéma
explique comment se fait l’intermédiation dans le cyberespace.
4-
Une relecture des expériences en cours
Lors de l’arrivée
des micro-ordinateurs, au début des années 80, il nous a semblé que
l’interactivité, c’est-à-dire la possibilité de médiatiser nous-même des
contenus, était la plus importante des caractéristiques.
Vers 1995,
l’arrivée du Web a ouvert la voie à une diffusion beaucoup plus ciblée, tant et
si bien qu’aujourd’hui, la caractéristique la plus importante est l’aspect collaboratif. Cet aspect rend
possible la création de valeur ajoutée,
richesse du nouvel Internet se mettant actuellement en place et base du
prochain bond économique. Les activités collaboratives deviennent les assises
de la société de la connaissance qui émerge.
L’analyse par paliers des services et des applications (à la page précédente) devra être accompagnée d’une autre étudiant les tendances formelles ou informelles, distribuées ou centralisées qui, lorsqu’elles sont combinées nous révèlent les coûts de mise en place et de fonctionnement.
5-
La gouvernance en ligne (villes, collectivités, groupes, etc.)
La gouvernance repose sur la confiance qui se développe
entre des gouvernenants et des gouvernés à partir de leurs opinions. Les deux
principaux défis sont :
• la transparence de la part des
gouvernants.
Celle-ci
est créée grâce à des opérations intégrées d’informations utilisant des
techniques de communication et de diffusion.
• la participation de la part des gouvernés.
Celle-ci
cherche à créer des consensus de la part des acteurs situés aux différents
paliers sociétaux. Ces consensus sont
créées par des techniques
collaboratives.
Actuellement,
ce schéma est une utopie. Les deux groupes d’acteurs ne se font guêre confiance.
La gouvernance en ligne n’est pas tant une question d’utilisation des TI que
de mentalités top down et bottom up (stratégies descendantes et montantes)
qui ne se sont pas encore apprivoisées.
