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Les nouveaux outils de construction
des savoirs patrimoniaux Laura Garcia Vitoria, Présidente
d’ARENOTECH, Les défis épistémologiques de la construction des savoirs patrimoniaux face au développement des technologies de la communication et de la connaissance ont fait l’objet d’une première synthèse dès 1998 au travers du projet européen MOSAIC [2], projet dont les préconisations se sont avérées avec le recul fondatrices pour un grand nombre d’expérimentations et de réalisations menées à l’échelle internationale. Les produits culturels qui en sont largement issus constituent précisément le sujet d’une importante exposition organisée à Rome à l’automne 2005, consacrée notamment à la reconstitution du patrimoine antique : un séminaire ARENOTECH, partenaire du projet MOSAIC, réunit à cette occasion le 14 octobre 2005 une nouvelle fois les chercheurs dont les travaux concernent notamment l’archéologie virtuelle, ceci sous l’égide du Centre National de la Recherche italien. Ce premier séminaire européen des technologies de la connaissance patrimoniale est destiné à regrouper tous les acteurs concernés en un réseau d’excellence européen que tous ceux qui le souhaitent sont invités à rejoindre. C’est dans cette optique qu’il nous a semblé important de souligner présentement combien les pratiques de présentation et de transmission des connaissances liées aux héritages culturels pourront s’appuyer sur notamment deux grands ensembles de démarches :
L’utilisation des outils de la mobilité et les pratiques d’itinérance cognitive qui ont
commencé à se développer en ce domaine situent en effet aujourd’hui avant tout la gestion de l’héritage culturel au cœur d’un espace annoté et informationellement amplifié. Les espaces intelligents qui se créent autour de nous au travers notamment des technologies sans fil nous offrent une sorte d’Internet ambiant décliné à l’échelle de la Cité qui se transforme en ville de la radiofréquence et des réseaux omniprésents. Une ville elle aussi augmentée en quelque sorte, au travers de l’intrusion d’espaces multiples et où l’intelligence ambiante chère à Ian Pearson permet de nouveaux modes de gestion de la mémoire de nos environnements auxquels nous lient désormais à nouveau d’innombrables liens de savoirs. Nous avons ainsi eu l’occasion de mettre récemment l’accent tout particulièrement sur des expériences permettant à tous ceux qui fréquentent un espace urbain d’annoter leur environnement, de lui conférer un sens personnalisé, se transformer en auteur en se servant de cet environnement et d’être au départ d’un processus de construction de connaissances. Bref de rechercher et de fournir informations et renseignements où, quels que soient les domaines, l’héritage culturel est souvent présent. L’expérience de la tapisserie urbaine dans le quartier de la Tour de Londres, d’autres démarches à Stockholm et Dublin, mais aussi la mise en œuvre par des artistes d’une perception augmentée en matière de visite patrimoniale dans les rues de Bâle. Au-delà, l’utilisation de maquettes virtuelles et de leur agencement tactile rejoint l’univers des reconstitutions virtuelles proprement dites et notamment l’usage de la réalité augmentée : c’est l’ensemble des démarches aujourd’hui mises en œuvre qu’il nous faut prendre en considération dans leurs apports potentiels respectifs à la didactique des disciplines et à l’élaboration et la construction des savoirs patrimoniaux. Il faut évoquer à ce titre les travaux de l’Institut Herz à Berlin, les nouvelles applications de la réalité augmentée de manière générale et surtout l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le projet PEACH à Trente. De nouveaux paradigmes pour la gestion de la mémoire et l’élaboration de savoirs patrimoniaux apparaissent à ce jour au travers de plusieurs dizaines de démarches que nous avons eu l’occasion d’analyser [3]. On pense ainsi notamment à l’utilisation, en matière de supports informationnels, de grandes surfaces de verre permettant de se focaliser - au travers de la circulation d’ondes sonores - sur les détails des œuvres au travers du déclenchement d’images-liens insérées dans leur reproduction, ou encore de mettre à disposition nombre d’informations complémentaires. Mais l’essentiel ne réside pas dans le grand nombre d’expérimentations en tant que tel, mais dans un double constat que nous souhaitons proposer à l’analyse et au débat .
[1] On retrouvera l’intégralité de nos analyses sur le site www.arenotech.org [2] Les préconisations de MOSAIC peuvent être consultées dans la rubrique Projets européens du site. [3] On se reportera aux analyses d’ARENOTECH disponibles sur son site dans sa Bibliothèque virtuelle Quintilien - et notamment sa Bibliothèque de l’image et sa Bibliothèque de la Ville -.
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