Le séminaire ARENOTECH de Fontevraud a porté les 19 et 20 mars 2005
un regard prospectif sur l’Europe et l’Amérique du Nord en 2010 - 2015

Regards prospectifs sur dix années d’émergence
d’une société de la connaissance

Reportage photographique

La détente

Historia de la Abadía Real de Fontevraud

Toute une sémantique récente tente de décrire l’évolution des sociétés occidentales vers une économie de la connaissance marquée avant tout par de nouveaux rapports des territoires aux savoirs. Ce sont les divers aspects de cette mutation que le séminaire ARENOTECH a tenté de cerner en deux journées de travaux et cinq séances successives.

La première portait sur les propositions qu’ARENOTECH et le Réseau européen des Villes Numériques entendent formuler en vue de la seconde phase de la stratégie de Lisbonne développée il y a très exactement cinq ans, en mars 2000, par la Commission européenne. Ces propositions seront réunies au printemps pour être transmises à la Commission. Laura Garcia a rappelé à cette occasion les grandes lignes du programme « villes de la connaissance » qu’elle dirige, ainsi que sa participation à la démarche développée en termes de gestion d’entreprise et de management du changement par Humberto Albarran Romero, directeur de l’Institut ibero-americain de Créativité et d’Innovation.

La seconde a permis à Michel Cartier, professeur à l’Université du Québec, de présenter ses travaux de prospective relatifs aux années 2010-2015. Les différents points successivement abordés feront l’objet à l’avenir d’un programme spécifique du Réseau européen des Villes Numériques, en étroite relation avec certains des projets développés en partenariat avec des organismes représentés dans le séminaire. On en énumérera ici les principaux paradigmes, annonçant aux yeux de notre collègue québécois « l’émergence d’une nouvelle façon de penser », avec une décennie à venir caractérisée notamment, en ce qui concerne les convergences technologiques, par la personnalisation de la prise de parole, la convergence des web sémantique et schématique, le traitement de contenus de plus en plus structurés et l’émergence d’une nouvelle société de l’image. En matière économique, la valeur d’un réseau dépendra de plus en plus du profil social des gens qu’il réunit et une vraie restructuration des niches se fera grâce à la production et aux inventaires en temps réel ; pour ce qui est de la société et de la personnalisation qui en sera le phénomène marquant, la vie démocratique de « l’Homo Zappiens » dépendra de la grande variété des sources d’information et la fin de l’état nation entraînera la montée en puissance d’une part des « villes-régions », d’autre part d’un « système-monde » international et la fin de quatre siècles « newtoniens » laissera place à un univers « einsteinnien »

Une troisième séance avait pour objectif de poursuivre de travail de réflexion entamé à l’occasion de l’intervention au colloque de Verdun en matière d’intelligence économique. Ces réflexions donneront lieu à deux programmes de travail dès le printemps 2005, l’un sur le rôle de la formation face aux défis en la matière, l’autre sur l’intelligence territoriale de manière générale. Jean-Louis Moser, professeur à l’Université d’Evry, pour ce qui est des horizons futurs, mais également, à une échelle plus régionale, Gérard Blanc (Futuribles), en ont évoqué les grandes caractéristiques

La quatrième, le second jour, a permis à trois intervenants d’évoquer les enjeux futurs du e-gouvernement. Michel Cartier, dans le cadre même de son exposé de la veille, a évoqué un certain d’exemples du continent américain, en soulignant avant tout le primat de la confiance entre gouvernants et gouvernés et les deux conditions sur lesquelles celle-ci repose : la participation certes, mais surtout une transparence accrue créée grâce à des opérations intégrées d’informations utilisant des techniques de communication et de diffusion.

Julia Glidden (Accenture) a ainsi tracé un état des lieux en matière de e-démocratie et de e-gouvernement, à travers notamment l’exemple de Sheffield qui a choisi une stratégie globale de mise à disposition de services : portail offrant paiement en ligne, réservations et formulaires, des kiosques publics avec accès e-mail gratuit, déploiement de cartes à puces, technologies portables pour les conseillers municipaux avec le projet Nomad, recherches sur l’authentification dans le cadre du projet e-Ten, simulation d’élections dans les écoles et vote électronique. Ont également été évoqués l’exemple de Madrid, mais également des projets en matière d’e-démocratie hors d’Europe (Samoa, Pakistan, Maldives, Inde).

Eric Faussurier (Services des Technologies de l'Information du gouvernement canadien -  Centre d'expertise sur les consultations en direct) est intervenu depuis le Canada pour participer aux débats suscités par sa présentation sur le thème notamment de l’utilisation des SMS dans le domaine de la vie démocratique d’un territoire.

La cinquième et ultime séance avait pour objet d’évoquer quelques-uns des programmes et projets développés, en partenariat notamment avec d’autres organisations et porteurs d’expertises : programmes portant sur les e-jumelages (Sophie Maitrejean), les nouveaux supports de l’image dans la ville (Jean-Luc Valderosa), la création d’une Université de la Médiation (Philippe de Carlos) ou d’un institut de formation au commerce international et à l’intelligence territoriale (Jean-Louis Moser). André Jean-Marc Loechel

Fontevraud, mars 2005