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Citoyen, clé de l’Europe |
Le Citoyen, dans une Europe vue dans la globalisation et l’interdépendance, devient la clé pour maîtriser la complexité. Pour comprendre la profonde interdépendance du monde, il nous faut un regard neuf. Voir le monde autrement, sous un autre angle, d’un autre point de vue. Effet de serre, pollutions des mers par les hydrocarbures, terrorisme, inégalités profondes entre le Nord et le Sud, crime organisé, société de l’information et de la communication. La globalisation change les repères. Les coordonnées sont modifiées. Cet essai montre pourquoi tout procède aujourd’hui de la globalisation et comment les individus et les groupes de citoyens sont à même de mieux comprendre son fonctionnement, de quoi elle est constituée, ceci, pour agir dans les autres sphères publiques et privées et véritablement peser sur le cours des choses. Les individus et les groupes de citoyens, aujourd’hui véritables acteurs de la mondialisation, doivent bénéficier d’institutions efficientes et faciliter la diversité culturelle pour le bien commun.
Partir de la globalisation pour réformer l’Etat en Europe est le véritable fil rouge de cet essai ambitieux.
Dans la globalisation, l’Europe ne part pas sans atouts. Pour peu qu’elle accepte un nouveau mode de relation avec le marché et opère un sérieux renouveau de ses services publics, forces de cohésion.
Elle pourra d’autant mieux peser sur le cours des choses et apporter sa pierre à l’édifice mondial, qu’elle aura elle-même fixé la nouvelle architecture du continent, dans le cadre d’une souveraineté partagée entre l’Union et ses nations. Toutefois les valeurs sociales priment sur le marché. Elles émergent d’une République revivifiée intégrant le labeur et l’industrie des hommes, pour aboutir à une solidarité vécue qui ne se limite pas au seul périmètre de la société de consommation, ceci pour que l’ensemble des pays du monde profitent de la globalisation.
Contre le nihilisme, le Politique doit refaire surface. Pour gouverner et donner du sens. Mais il manque un fil conducteur général. En France, en Europe, la République, l’Europe, le Marché, les territoires, sont les éléments clés d’un débat public indispensable. Contre toutes les forces anti-démocratiques qui se développent sur le refus des réalités et pour asseoir l’Etat indivis, européen et national, comme sentinelle de la civilisation et partenaire de la société civile européenne en cours d’émergence.
Francis Massé, 52 ans, nourri d’une riche expérience professionnelle, nous livre ici après son premier livre, le silence politique, la poursuite de sa réflexion personnelle sur la réforme de l’Etat dans le contexte de la globalisation. Haut fonctionnaire, ancien élève de d’Institut d’études politiques de Bordeaux et de l’ENA, Francis Massé est directeur général adjoint au ministère de l’écologie et du développement durable.
Il a fait une grande partie de sa carrière au ministère des transports (ports et transports maritimes ; aviation civile). Il est passé par l’Inspection générale des finances et les cabinets ministériels de Michel Delebarre et Louis Besson (Equipement, Transports, Ville et Aménagement du territoire, Fonction publique). Il a été directeur général délégué à Radio France Internationale (RFI). Il est ancien auditeur de l’IHEDN. Il est également co-fondateur de l’Association pour l'optimisation du contrat-social (www.contrat-social.com).
RESUMÉ
Il nous faut un regard neuf. Tel celui que le professeur de philosophie du « cercle des poètes disparus », film généreux s’il en est, demandait à ses étudiants en les faisant monter sur leur bureau. Voir le monde autrement, sous un autre angle, d’un autre point de vue. La globalisation change les repères. Les coordonnées sont modifiées. Nous avons besoin d’un sextant plus perfectionné pour une navigation plus complexe. Nous devons tout repenser, des moyens de mener l’action publique à partir de la globalisation. Il nous faut comprendre ce nouveau monde. Ce sera difficile et ardu. Car, - et c’est le débat essentiel - “ nous n’arrivons plus à concilier l’intelligibilité du présent avec le respect de sa complexité, - comme le soulignent Luc Boltanski et Eve Chiapello -, “ la vérité de la crise n’est pas celle du capitalisme mais celle de la critique du capitalisme ”[i][1]. Penser la globalisation est désormais obligatoire. C’est l’objectif de ce livre que de tenter de dire pourquoi et comment.
Dans un premier chapitre, cet essai montre pourquoi tout procède aujourd’hui de la globalisation. Pour cette raison, nous devons mieux comprendre son fonctionnement, de quoi elle est constituée, pour agir dans les autres sphères publiques et privées et véritablement peser sur le cours des choses. Les individus, aujourd’hui véritables acteurs de la mondialisation, doivent s’efforcer de redonner aux peuples des institutions efficientes et faciliter la diversité des cultures.
Dans le deuxième chapitre, on s’efforcera de souligner que, dans la globalisation, l’Europe ne part pas sans atouts. Pour peu qu’elle accepte un nouveau mode de relation avec le marché et opère un sérieux renouveau de ses services publics, forces de cohésion. De surcroît, l’Europe, nourrie d’une expérience originale et profonde liée à sa propre diversité, peut entrer de plain-pied dans la complexité du monde. Elle pourra alors d’autant mieux peser sur le cours des choses et apporter sa pierre à l’édifice mondial, - actuellement dominé, sans être vraiment régulé, par l’Amérique-, qu’elle aura elle-même fixé la nouvelle architecture du continent.
Le troisième chapitre expose à quel point l’enjeu primordial, aux niveaux national, européen et mondial, est constitué par la formalisation et le respect de valeurs et de principes supérieurs. Ces valeurs sociales primant sur le marché, émergent d’une République revivifiée intégrant le labeur et l’industrie des hommes, pour aboutir à une solidarité vécue qui ne se limite pas au seul périmètre de la société de consommation. L’objectif de réduction des inégalités et un long travail d’écoute sociale, passant par la revalorisation du travail, sont des axes indispensables pour que l’ensemble des pays du monde profitent de la globalisation.
Le thème du quatrième chapitre, c’est la transformation des territoires du fait de la globalisation et du rôle qu’y jouent les entreprises. Transformation subie, d’une part, car la globalisation organise des mutations fréquentes du tissu économique. Transformation réactive, d’autre part, car les territoires doivent s’adapter aux nouvelles donnes. Enfin transformation volontaire, si les villes, nouveaux acteurs pertinents, en concurrence entre eux, de la mondialisation, et les territoires, anticipent les effets des révolutions technologiques et des stratégies industrielles, pour modeler un nouveau paysage économique et social dans lequel leur rôle de partenaires s’impose à part entière.
Dans le cinquième chapitre, il sera question de souveraineté partagée entre l’Europe et ses nations. L’acceptation de cette souveraineté partagée découlera d’un approfondissement de la République en Europe et de l’animation d’un véritable espace public européen. Les peuples européens ne devraient pouvoir consentir à renforcer les institutions européennes et à élargir l’Union - qui suscite encore des craintes après l’accueil des nouveaux membres - que si les espaces publics nationaux, au lieu de se recroqueviller, débattent de la globalisation. Et de la force supplémentaire que l’Europe donne aux nations pour la maîtriser davantage.
Dans le chapitre six, il sera expliqué pourquoi la réussite politique du projet européen sera amplement déterminée par un dispositif institutionnel décentralisé. La vie citoyenne et démocratique repose sur des collectivités publiques, centrales et territoriales, dynamiques. Les régions et les communes, ainsi que des Etats nationaux, en phase avec leurs territoires, pourront rassurer leurs peuples sur l’efficacité d’un Etat européen désormais indispensable. Ceci, dès lors que les nouvelles structures locales sont elles-mêmes ouvertes au monde extérieur, assurent leur fonction de cohérence économique et sociale et surtout si elles échappent aux tentations technocratiques par une forte vitalité de la démocratie participative. A ces conditions, les territoires de l’Europe participeront activement à la cohésion d’une Europe élargie. Dans le chapitre sept, chapitre final, on s’efforcera de démontrer que le territoire, tel le point particulier d’un hologramme, comprend l’ensemble des éléments de la globalisation et de fait, renvoie à elle. C’est le lieu où l’interdépendance des problèmes à traiter aboutit. Quatre flux y parviennent : celui, politique, de la décision ; celui informationnel des contenus en savoirs et en connaissances utiles pour les entreprises, les citoyens et les organisations publiques ; celui de l’anticipation intelligente des risques qui prennent leur source en tout point ; celui enfin de la souveraineté dont chaque citoyen détient une parcelle, leur permettant ainsi de renforcer la République en agissant et transformant les flux précédents et, de la sorte d’agir sur les réalités du monde.
La conclusion invite à un travail collectif, pour penser la mondialisation et agir pour les générations actuelles et futures. Le retour du Politique demeure le recours pour restituer aux citoyens le pouvoir sur leur destin mondial, contre le nihilisme.
Références
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[1] Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 200