Collloque
L’intelligence économique, un atout de la Défense globale en France
Journées d’Education à l’Esprit de Défense
Centre mondial de la paix - VERDUN - 3 et 4 mai 2004
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Polarités de compétence et réseaux d’excellence en Europe - Les infotechnologies comme vecteurs de l’intelligence économique territoriale |
Les
villes de la connaissance :
des programmes territoriaux d’intelligence
économique
Introduction de la communication de Laura Garcia Vitoria
(Réseau européen des Villes Numériques)
Nous
nous centrerons dans la présente analyse sur un point de vue qui sera - de manière
quasi-exclusive - le nôtre ici: celui des territoires, des collectivités
et des régions, seuls espaces de référence pour les sciences et technologies
de demain, principaux acteurs des nécessaires processus de mutualisation de
savoirs-faire et futurs grands coordinateurs des polarités de compétence et réseaux d’excellence.
L’une des raisons pour lesquelles, assurément, l’intelligence économique territoriale ne bénéficie encore guère en France d’un statut véritable, c’est d’abord et avant tout parce que son approche, contrairement à de nombreux autres horizons culturels européens, n’est que fort rarement non seulement inscrite dans un cadre prospectif, mais également inséré dans l’approche globale que requièrent avec force les mutations de nos environnements intellectuels, conceptuels, voire sémantiques.
Ainsi - et ceci n’est qu’un exemple sur lequel nous aurons bien évidemment à revenir largement -, les territoires de demain (certains le sont déjà en partie) seront ceux d’un environnement annoté où non seulement chaque personne, mais surtout tout référent topographique et évidemment surtout chaque objet se voit dépositaire d’un bagage informationnel démultiplié. Grâce à des technologies bien connues de tous - auxiliaires de communication mobile, réseaux sans fil ou étiquettes dites précisément « intelligentes » - échangent et communiquent une impressionnante masse d’informations. Chacun y rajoute les siens et surtout ne peut s’apercevoir que la structure informationnelle qui lui est transmise sur ses écrans est évidemment largement différenciée, que les indications données aux uns n’a rien peut-être rien à voir avec celle transmise à d’autres.
La géolocalisation ou encore la réalité augmentée sont ainsi sur le point d’ajouter de véritables couches informationnelles à notre environnement visuel. Autrement dit, tout notre environnement le plus quotidien, voire en apparence le plus éloigné des grands enjeux de compétitivité (les espaces patrimoniaux et muséaux par exemple) est l’objet sous nos yeux de processus de véritable « codage informationnel » et d’un « surlignement » échappant à toute perception visuelle. En termes d’intelligence économique, la genèse d’une société territoriale de la connaissance, ce sera aussi cela. Même à l’échelle simplement touristique, le promeneur, sous l’effet de cette masse informationnelle invisible, est sur le point de se transformer en flâneur savant. En réalité, chacun d’entre-nous va se trouver ainsi en situation potentielle d’annoter son environnement de travail et de vie et de manière générale son expérience de l’espace public.
Ainsi encore, sur un tout autre plan, certains territoires ont « scanné », grâce aux critères élaborés par des groupes d’économistes, les savoirs-faire dont ils sont porteurs, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies d’attractivité territoriale et surtout à des démarches de formation à l’échelle locale beaucoup plus ciblées qu’elles n’ont pu l’être jusqu’à très récemment. Les transferts et partages de connaissance à l’échelle locale, vecteurs - on le sait - d’une capitalisation de savoirs considérée comme l’élément clef de création de valeur et de multiplicateur des processus d’innovation, constituent de la sorte une autre caractéristique des environnements constitués par les programmes de « villes de la connaissance ».
Ceux-ci se développent largement en Europe et qui constituent l’une des opportunités les plus pertinentes à ce jour pour analyser ce que peut être dès aujourd’hui, mais en tout cas dès demain, des stratégies d’intelligence des référents économiques, dont une partie des objectifs sera donc d’être à l’écoute de la gouvernance des savoirs et de la constitution d’économies apprenantes, et ce à tous les niveaux, qu’il s’agisse de la quête d’horizons là aussi prospectifs ou encore de la valorisation contemporaine des acquis cognitifs qui constituent l’essentiel de l’héritage d’une région.
Forum, Lundi 3 et mardi 4 mai 2004 - Lundi 3 mai 2004 - Mardi 4 mai 2004
http://www.arenotech.org - http://www.villesnumeriques.org
