Un département français joue la carte de l’Europe numérique

La signature le 13 juillet 2004 par Philippe Leroy, président du Conseil Général de Moselle, du contrat de conception réalisation de son « artère fédératrice à haut débit » d’un montant de 55 millions d’euros avec le groupement Sogea-Alcatel s’avère exemplaire à plus d’un titre.

La démarche, il est vrai, s’est avérée particulièrement longue puisque ce projet d’artère fédératrice départementale a été conçu à l’occasion d’une étude conduite en l’an 2000. Il convenait ensuite, dans le cadre législatif alors en vigueur, de constater la carence de toute initiative en la matière. En 2002 a été ainsi voté un financement de 83 millions d’euros prévoyant notamment un apport des financements FEDER dont le montant n’est aujourd’hui toujours pas déterminé. C’est à la fin de l’été 2006 que l’ensemble du réseau devra être achevé.

La première caractéristique forte de ce projet de plus de 900 kilomètres de réseau en fibres optiques réside indéniablement dans la volonté de ne laisser aucune commune à plus de 15 kilomètres d’un point de raccordement : les 730 commune de Moselle sont donc concernées, de même que les 58 zones d’activité économique prioritaires et la centaine de collèges dont le département a la charge.

Il s’agit ensuite d’un débit permettant très largement les activités grandes consommatrices de bande passante, entre 155 mégabits et 40 gigabits par seconde. La boucle principale couvrira plus de 600 kilomètres sera constituée par 144 brins de fibre optique (contre 36 pour les dessertes). Près de 900 points de raccordement sont prévus.

Enfin, des connections avec la Meurthe et Moselle évidemment, mais aussi les Vosges et le Bas-Rhin caractérisent également le Réseau, de même qu’avec le Luxembourg et l’Allemagne, s’inscrivant par là-même très largement dans des stratégies telles que celles du Quadripôle avec Trier et Saarbrücken, du plan d’Eurodistrict avec la Sarre qui devrait voir le jour en 2006 ou encore le projet luxembourgeois d’Esch-Belval. Ainsi, les ambitions de divers acteurs lorrains dans le domaine patrimonial et singulièrement la politique depuis longtemps définie en la matière par la ville de Metz devraient également très largement en bénéficier.