Les clientèles de demain ne seront pas celles d’aujourd’hui !
Par Michel Cartier (décembre 2004)

Le développement de l’économie dépend en grande partie de la façon dont l’Internet permettra l’émergence de nouvelles clientèles et ce grâce aux réseaux plus intuitifs et plus mobiles qu’on installe un peu partout actuellement. Or, les études de ces nouveaux téléconsommateurs sont quasi inexistantes. Le dossier qui vous est présenté aujourd’hui essaie d’analyser les clientèles en attente, c’est-à-dire celles qui permettront, l’essor du prochain bond économique d’ici un an, mais à certaines conditions.

Les clientèles changent toujours lors des passages d’une étape à une autre. Actuellement, nous passons d’une société industrielle bâtie sur des réseaux traditionnels vers une société post-industrielle utilisant une nouvelle génération Internet (ou Internet II). D’autres chercheurs décrivent le passage d’un Internet technocentré (géré par des techniciens ) à un Internet ethnocentré (réagissant à ces clientèles), tandis que d’autres parlent du passage de la loi de l’offre (des promoteurs) à celle de la demande (les clientèles). L’acteur principal du changement ne semble plus être la technologie mais la clientèle ; depuis l’an 2000, nous n’avons pas vécu une récession mais une réorganisation de l’économie autour des nouvelles clientèles.

Si certaines tendances se confirment, les clientèles de demain pourraient être plus nombreuses et éclectiques, mais aussi plus volatiles et difficiles à fidéliser. Elles seront plus difficiles à apprivoiser parce qu’elles seront beaucoup plus proches de leurs émotions lors de leurs transactions, ce que les promoteurs actuels n’ont pas encore compris.

Trois questions

L’analyse de ces clientèles devrait débuter par trois questions :

A- Est-ce que la masse critique de ces nouveaux téléconsommateurs est suffisante pour avoir l’impact économique escompté ?

B- Comment ces utilisateurs se comporteront-ils vis-à-vis un média axé principalement sur l’utilisation de l’écran ?

C- Y aura-t-il un problème de générations ?

Trois réponses

A- Le raz de marée du Web (1995-2000) n’a rejoint que 5 à 12 % de téléconsommateurs selon les continents, en fait ce fut une poussée technologique à la recherche d’une clientèle. À moins de 20 à 25 % de clients, le Web actuel n’est pas rentable. D’où les efforts des promoteurs américains (de la Côte Ouest) pour rendre le Web plus attrayant, c’est-à-dire plus intuitif (grâce aux recherches des Web sémantique et schématique). L’arrivée d’ici un an de 25 % de clientèles donnerait un coup d’envoi à plusieurs secteurs économiques (et un essor au Business-to-consumer, ou B2C, qui n’a pas encore démarré) (voir le schéma 11).

B- Les nouveaux utilisateurs ne liront pas a l’écran comme un texte imprimé. Ils vont employer trois niveaux de lectures que les promoteurs devront apprivoiser pour créer des portails ou des services attrayants pour ces nouvelles clientèles (voir le schéma 6).

C- Les prochaines clientèles ne seront pas formées par de vastes groupes de type mass-média mais seront intéressées par des niches correspondant à leur âge et à leurs intérêts. Un défi générationnel important émerge (schéma 14). Les promoteurs devront apprivoiser le cube des niches s’ils veulent développer leurs nouvelles stratégies (schéma 15).

Le succès du futur Web dépend de l’équation suivante : une efficacité multipliée par le plaisir, mais divise par les coûts = la valeur ajoutée, c’est-à-dire le prix que l’utilisateur est prêt à débourser.

 http://www.michelcartier.com/McArticleB.php3?id_article=271