Université de l’Innovation
Hôtel de Ville d’Aix-en-Provence
10 décembre 2004

Les vraies capitales de l’innovation
Laura Garcia Vitoria, Présidente d’ARENOTECH
Responsable scientifique du Réseau européen des Villes Numériques
et du programme « Villes de la connaissance »

 

Le développement de l’innovation dans les territoires numériques d’Europe septentrionale.

Il peut être illustré au travers d’exemples néerlandais et finlandais notamment.

* Almere, exemple d’une petite kennistadt hollandaise.

Connue pour son projet pilote fibre qui ambitionne de connecter toute la ville en fibre optique, une municipalité de la banlieue d'Amsterdam, Almere, vient d’annoncer la création d’une grille de calcul hétérogène municipale afin certes de répondre aux besoins des entreprises et laboratoires publics installés sur le territoire et mettre à disposition de ces laboratoires les capacités inexploitées des ordinateurs reliés à son réseau très haut débit (100 Mb/s), mais aussi de susciter aussi une prise de conscience collective des potentialités du haut débit et surtout d’associer les habitants de la ville aux travaux des chercheurs.

* Tampere, ville de l’ingénierie sociale de l’économie de la connaissance

On sait que les partenariats privé - public constituent une constante des réalités scandinaves, de même que la collaboration entre la municipalité et le monde universitaire et de la recherche. C’est dans ce contexte de partenariats et de collaboration qu’ont vus le jour à Tampere plusieurs structures au service de la vie future des habitants et ayant pour objet la construction d’une société de la connaissance locale : un laboratoire de recherche et d’évaluation, un centre de recherche sur le commerce électronique, ainsi qu’un institut de recherche sur la société de l’information. Ce sont 450 chercheurs et pas moins de 150 entreprises qui participent à plus de 150 projets relatifs à la ville de demain, parmi lesquels on compte une quinzaine de projets internationaux.

Une ville donc qui s’interroge sur la manière dont des chercheurs en sciences sociales par exemple peuvent collaborer avec l’administration municipale et participer au développement d’usages innovants.

* De la même manière, à Helsinki - comme d’ailleurs à Londres - des expérimentations menées ces derniers mois ont montré combien le développement des technologies nouvelles de la mobilité et du marquage de l’espace sont sur le point de faire du « réseau invisible » tissé par les télécommunications au-dessus de l’espace urbain des auxiliaires majeurs d’une découverte géo-localisée de la ville.

A Stockholm comme à Dublin, plusieurs instituts de recherches ont travaillé avec des acteurs territoriaux sur ces questions. Le Trinity College de l’Université de Dublin a ainsi développé des technologies qui permettent de nouvelles formes de construction de la mémoire d’un lieu, espace de transport ou lieu d’attente. Construction, à l’échelle de l’espace d’une ville, en plusieurs points mis en réseaux, au travers de textes et d’images, d’une véritable mémoire collective.

Avec Sonic City, un projet suédois de l’Institut Victoria, nous traduisons en musique l’espace que nous parcourons, donnant ainsi à découvrir ou à penser tout ce qui le structure. Le nomadisme urbain se fait ainsi sonore, rythme et expérience corporelle démultipliée. Processus fort de personnalisation de la ville.

Le projet Tejp développé par le même institut nous permet de laisser, anonymement ou non, des tags musicaux : création de communautés locales, gestion de nouveaux types de relation sociale. Nous pouvons là encore attacher à un espace donné le volume d’une communication mobile. Ce qui nous apparaissait familier et connu dans l’espace urbain peut nous livrer ainsi des sensations nouvelles, étranges peut-être, beaucoup d’interrogations certainement et en tout cas une démultiplication des facteurs de curiosité et des occasions de connaître, regarder, questionner autrement, révéler largement ce qu’il nous semblait pourtant connaître. Ce qui ne nous appartient pas peut être personnalisé. Suite