L’Europe numérique
méridionale.
Commençons par l’Europe des franges et de l’ultra-périphérie.
A Las Palmas, comme dans l’ensemble de la
région des Canaries, malgré une réelle prospérité, les divers acteurs
économiques ont fait non seulement le pari d’une prospective de l’innovation
régionale, mais aussi celui de la vision partagée d’une Europe innovante avec
l’Amérique latine et l’Afrique. Il y a cinq siècles, les Canaries avaient permis
aux européens le grand saut de l’Atlantique, elles veulent aujourd’hui - singulièrement
le monde des petites et moyennes entreprises - leur permettre une ouverture
pour demain, dans le cadre d’une économie de la connaissance mondialisée.
Toutes ces régions partagent potentiellement
les mêmes opportunités que des territoires tels que l’Ile Maurice dont les
stratégies volontaristes apparaissent aujourd’hui comme exemplaires : on
pense ainsi à ce que nous disait récemment le ministre de l’Industrie de ce
territoire : « ce que nous proposons à des sociétés qui s’installent
sur notre île, c’est que le moindre comptable possède un troisième cycle ».
Une économie de la connaissance que les villes
espagnoles sont largement en train de construire. Il n’est évidemment pas
possible ici de citer la quarantaine de chantiers locaux et régionaux que nous
avons eu l’occasion d’accompagner ou d’analyser. Former, former encore constitue
ainsi un leitmotiv pour les collectivités territoriales en Espagne. Citons donc
rapidement quelques exemples issus des divers plans de prospective territoriale :
- Burgos, qui dans son plan Burgos
Ciudad XXI, entend devenir en 2015 une cité de la connaissance
en s’appuyant certes sur le développement d’un parc technologique, mais surtout
sur des cours de formation pour les jeunes en difficulté, mais également l’ensemble
du personnel municipal pour leur permettre d’accéder aux infotechnologies.
- Bilbao, avec son programme d’apprentissage
tout au long de la vie de la municipalité et la création à Zorrozaurre d’une
future ville de l’innovation et de la connaissance.
- La Coruna, qui souligne plus particulièrement
la place de l’administration électronique locale.
- Elche conçoit quant à elle le champ
de l’e-administration comme instrument de gestion du changement de modèle
urbain.
- Getafe souhaite, elle aussi, viser
une situation de réelle compétitivité territoriale, avec par exemple un plan
de qualité pour la gestion municipale.
- Huelva qui entend se convertir en
cité du savoir.
- Saragosse, à travers le programme
« Zaragoz@ccessible » qui veut développer une « ciudad del
conocimiento ».
- Mataro, sous l’égide de la Fondation
Technocampus, a modélisé un certain nombre d’axes de développement en
vue de l’élaboration d’un plan directeur capable d’exploiter pleinement le
capital intellectuel de la ville et de son territoire [1]
comme étant la source principale de richesse, de prospérité et de croissance
future. Ceci amène à une vision stratégique de la cohésion sociale et des
possibilités de croissance économique durable. Les responsables de la collectivité
peuvent ainsi juger de l’importance des vecteurs culturels, de la créativité
et de l’innovation, véritables piliers du développement urbain futur et
des capacités de compétitivité du territoire [2].
- Terrassa a conçu son plan directeur
en étroite relation avec la participation des habitants, qui se traduit notamment
par la création d’un portail dit citoyen, dont la principale caractéristique
- essentielle en vérité - dans sa stricte indépendance par rapport au site
municipal et son suivi des diverses communautés municipales ainsi crées.
- Sabadell, près de Barcelone, au
travers de son « plan pour la société de l’information et de la connaissance » a
ainsi crée une Fondation des industries de l’information pour mette
en place des formations et former les entrepreneurs de demain, parallèlement
à l’Institut d’études et de recherche appliquée qui développe des fonctionnalités
d’observatoire et de développement de projets innovants. Le plan Sabadell
2010 vise ainsi la formation et la compétitivité territoriale.
- Vilafranca, entre Barcelone et Valencia,
donne l’exemple d’une ville qui choisit comme vecteur d’attactivité une
image de collectivité éducatrice - et ce au travers de l’usage des technologies
du numérique - mérite en effet une analyse de ses réalisations et de ses projets.
En créant à elle seule un vrai portail de l’éducation, en n’hésitant pas à
affirmer qu’il n’est pas à l’échelle locale de nouvelle société sans nouvelle
éducation, elle attire cet automne les représentants des plus grandes collectivités
territoriales.
- Valencia
- Séville - qui se définit elle aussi
ville de l’innovation et de la connaissance - s’est fixée des horizons
encore plus larges : son centre historique a ainsi pour vocation de devenir
dès à présent un quartier de la nouvelle économie de la connaissance dans
lequel la restauration d’une quinzaine d’édifices doit notamment héberger
les activités spécifiques d’une économie locale de la connaissance.
- Grenade voit l’Institut municipal
de formation s’appuyer tout particulièrement sur un centre des nouvelles technologies.
- Jun est l’image même de la dynamique
andalouse en matière de technologies de la communication, qu’il s’agisse de
l’accompagnement à l’accès à Internet ou de nouvelles modalités e gestion
électronique de la commune
- Atarfe a développé de même, à quelques
kilomètres de Jun, a programme de ciudad del conocimiento dans une
optique, là encore, d’attractivité de son territoire
Cordoue, au-delà de la création du
parc technologique Rabanales XXI, met l’accent, dans son second plan stratégique,
sur la mise en place d’infrastructures et de lieux d’accès aux réseaux, notamment
pour les entreprises
- Cadiz a vu une synergie entre la municipalité
et l’université déboucher sur la création du Centre sud-atlantique
de technologie pour promouvoir la créativité et une utilisation des technologies
de réseaux pour la population tout comme pour les entreprises.
- Jerez de la Frontera, près de Cadix,
a crée une bourse virtuelle du travail (www.yahorquehago.org), mais
également un amphi virtuel de téléformation.
- Leon porte dans son plan Leon
Ciudad Digital l’accent sur les questions de formation.
- San Sebastian, dans le plan « eDonosti.net »,
se décrit en termes prospectifs de ville de la créativité et de l’innovation.
- Ciudad Real souligne le rôle de la collectivité
en matière d’integracion sociolaboral dans le cadre du programme
Ciudad empressarial virtual. Suite