Nombreuses sont aujourd’hui les villes et collectivités européennes à travailler sur des actions où elles entendent se présenter en tant que « villes de la connaissance ».
Le programme « PARIS, VILLE DE LA CONNAISSANCE », sur les contours duquel le Réseau européen des Villes Numériques travaille actuellement afin de le proposer au printemps 2004 à l’ensemble des acteurs publics et privés parisiens, comprend naturellement un volet consacré à l’inclusion numérique.
Le concept même du programme dans son ensemble a vu le jour à l’occasion de la journée des villes numériques organisée à l’Hôtel de Ville de Paris en 2003, journée en vue de laquelle le label PARIS EUROPE a d’ailleurs été remis au Réseau européen des Villes Numériques.
C’est la démarche d’inclusion numérique que nous proposerons ainsi avant tout dès la rentrée prochaine comme objectif par exemple au bénévolat étudiant. C’est cette même démarche d’ailleurs qui a valu au Réseau, à l’occasion des réunions et colloques organisés en 2003, le label de l’Année européenne du handicap.
L’inclusion numérique - nous reprenons à ce égard l’approche même développée par le MIT - se traduit d’abord à nos yeux par des objectifs de visibilité et d’intégration. La seconde n’est possible en réalité qu’au travers des efforts faits pour donner à chacun la conscience des enjeux dans lesquels s’inscrit sa recherche d’emploi, ses possibilités de création d’entreprise, ses capacités d’innovation et de manière générale l’ensemble des formes de lutte contre tous les malaises sociétaux à surmonter.
L’échelle européenne, voire internationale, est donc à cet égard une condition absolue de l’action, dans la mesure tout le spectre des possibles dans la vi(ll)e d’aujourd’hui et de demain.
Pour de multiples raisons, le handicap constitue souvent une privation de la capacité d’adhérer aux grandes mutations culturelles contemporaines. Mais cette ouverture aux champs culturels s’avère indissociable non seulement d’un accès à des espaces multimédia, mais également de la capacité à participer à des expériences d’immersion virtuelle, de réalité augmentée, de sensation attestant de l’existence d’autres interfaces corporelles…Ce dernier point est à l’évidence essentiel et il important de le situer au cœurs des actions à mener.
Ce sont ainsi des situations porteuses de sensations nouvelles en termes de perception spatio-temporelle qui semblent, à en croire les multiples réalisations menées ici ou là en Europe, être d’un apport majeur, bien au-delà de toutes les formes traditionnelles de consommation culturelle.
La téléphonie mobile constitue ainsi l’un des grands supports en ce qui concerne de toutes nouvelles possibilités d’accéder à la création musicale (instantanéité, rythmes de diffusion choisis par l’artiste…), la réalisation de moblogs, l’insertion peut-être surtout - à travers la constitution de réseaux interpersonnels - dans des communautés en ligne où les préférences partagées aident bien souvent à l’affirmation de l’identité de chacun.
Dans une ville où se multiplient les écrans, où les espaces privatifs pénètrent les espaces publics, les expériences coréennes et japonaises en termes de mutation des rapports à l’image apparaissent particulièrement intéressantes à prendre en considération. Les visites urbaines au travers de programmes interactifs constituent de même des expériences porteuses notamment de rapports nouveaux à l’environnement.
Toutes ces voies ne sauraient se résumer au travers d'une simple " facilitation " à l'accès à la culture. Le rapport au corps largement développé dans les créations contemporaines ou encore le rapport à autrui dont témoigne l'usages des nouveaux outils de communication n'en constituent simplement que des repères parmi bien d'autres.
Le groupe de travail " Handicap " du Réseau européen des Villes Numériques (qui a eu l'occasion d'accompagner notamment l'expérience " Websourds ") entend ainsi développer de telles propositions en liaison avec tous les acteurs intéressés par de telles démarches d'inclusion numérique.