L’ECONOMIE
DE LA CONNAISSANCE - 15 juillet 2004V - Le rôle de l’image dans l’économie de la connaissance
Société basée sur la connaissance et caractérisée par une omniprésence de l’image : ces deux aspects ont très curieusement été séparés ces dernières années dans les analyses telles que celles que nous évoquons ici, du fait même, on le sait, de la traditionnelle répartition des champs d’analyses dans la constitution traditionnelle des grands registres.
Au-delà en effet des images véhiculées par les outils de la mobilité par exemple ou les écrans de la ville, l’image se définit aussi comme une représentation commune de la réalité et à ce titre le rôle qu’elle joue dans la coordination des connaissances individuelles est amené à former l’un des processus majeurs à l’œuvre dans le nouvel horizon économique.
Issues de travaux eux-aussi publiés au milieu du siècle dernier, les études les plus récentes, nées du constat de pratiques sociales de plus en plus centrées sur l’image, offrent précisément de réelles perspectives pour mieux appréhender « les mécanismes d’acquisition, de création et de coordination des connaissances, ainsi que les mécanismes d’évolution des organisations reposant sur la croissance cumulative des connaissances ».
Le concept d’image met également en avant le fait même qu’à toute situation doit être conféré un sens.
Michel Renault se réfère ainsi aux travaux de K. Boulding pour lequel « la connaissance trouve son origine et s’incarne dans des images qui sont propres à chaque individu et orientées vers le futur. De telles images dépendent du présent et de son interprétation par l’acteur, de la situation, ainsi que des valeurs et des objectifs de l’individu. Le processus d’élaboration de ces images est fondamental pour la compréhension des processus cognitifs, mais également celle de l’ensemble des activités humaines, y compris l’activité productive ».
L’innovation met ainsi en scène la création d’images d’événements futurs permettant de guider l’action. C’est par là-même toute une définition de la gouvernance qui se forge : « innovation et production de connaissance dépendent de l’interprétation sociale de la situation. Cette interprétation sociale de la situation contribue à déterminer un plan d’action ». Tout responsable se doit ainsi d’exercer un véritable leadership cognitif « afin d’aligner les cadres interprétatifs des acteurs ». L’image qu’il déploie permet de faire de l’institution un dispositif cognitif collectif, ce qui fait qu’au-delà des dimensions formelles et incitatives le pouvoir sera donc amené toujours d’avantage à revêtir des dimensions cognitives.
Là, plus qu’ailleurs encore, inculture et ignorance ne seront plus de mise puisque, au travers de l’image ainsi forgée, la connaissance collective se verra directement dépendante d’une connaissance individuelle.Retour