L’ECONOMIE
DE LA CONNAISSANCE - 15 juillet 2004II - Les organisations comme communautés intensives en connaissances
Dans l’insertion dans l’économie du savoir, l’étude avance - peut-être d’ailleurs avec un réel excès de prudence - combien la prise en compte des degrés d’insertion des diverses nations européennes dans l’économie du savoir manque souvent pour le moins de pertinence et que c’est bien à l’échelle régionale qu’il convient d’abord et avant tout de se placer. Les trois raisons majeures d’un tel manque de pertinence, bien connues de tous, se trouvent d’ailleurs à ce sujet rappelées : si un regard étatique n’offre qu’une vision partielle (« les régions les plus en pointe à chaque économie étant souvent comparables » - assertion sur laquelle il conviendra d’ailleurs de revenir -), on sait surtout combien les activités innovatrices se trouvent (et doivent se trouver) de plus en plus souvent au sein de clusters d’entités innovatrices - on se reportera à nos propres analyses sur les pôles de compétitivité [4] -, mais également que c’est essentiellement au niveau local que les politiques d’innovation sont et seront toujours d’avantage développées.
Parmi les apports les plus neufs de l’ouvrage - et ils sont nombreux [5] -, figure essentiellement l’analyse de Morad Diani [6] sur « les communautés intensives en connaissances comme nouvelles formes de coordination efficace dans les organisations ».
Si la diffusion des infotechnologies et l’intégration des connaissances dans les logiques productives transforme aujourd’hui notre environnement économique et social d’une manière d’autant plus radicale que la chronologie d’une telle mutation se situe sur un temps extrêmement bref, ce sont l’ensemble des organisations qui sont naturellement appelées à se « métamorphoser ». Pour en comprendre les mécanismes d’ores et déjà à l’œuvre, l’auteur situe son approche dans le cadre des travaux qui au cours des deux dernières décennies ont progressivement permis de mieux comprendre le rôle des réseaux industriels dans la coordination économique d’une part, mais également les « autres formes de coordination infra-organisationnelle : des structures informelles et des systèmes d’échange coopératif volontaire supportant les processus de création et de diffusion des connaissances organisationnelles ».
D’où son constat : « de la même manière que la hiérarchie a été une réponse aux défaillances du marché, dans le cadre de la nouvelle économie basée sur la connaissance un nouveau mode de coordination (en termes de communautés) apparaît comme une réponse aux défaillances de la hiérarchie ». On citera les deux défaillances majeures de la hiérarchie :
* celle d’abord liée à la dynamique organisationnelle à long terme, avec :
* celle ensuite liée à l’avènement proprement dit d’une économie basée sur la connaissance, au travers de :
[4] Ces analyses ont été menées dans le cadre des divers rapports d’étapes présentés à partir de l’automne 2001 par le Réseau européen des Villes Numériques.
[5] On songe notamment à la très pédagogique présentation des deux index utilisés par la Commission européenne :