L’ECONOMIE
DE LA CONNAISSANCE - 15 juillet 2004
Laura Garcia Vitoria, Présidente d’ARENOTECH, Directeur
scientifique du Programme « Villes de la Connaissance » du Réseau
européen des Villes Numériques et André
Jean Marc Loechel, Président du Réseau européen des Villes Numériques (suite)
I - La connaissance au cœur des recherches dans le champ de l’économie des organisations.
Contrairement à bien des rapports récents, son introduction s’attache d’abord à en définir le champ au travers de deux réalités aujourd’hui largement reconnues.
La première est celle d’une « intellectualisation de la production » [1] : « un processus historique conduisant nos économies à développer un lien de plus en plus étroit entre recherche, recherche fondamentale, recherche appliquée, recherche - développement, innovation, éducation, connaissances, connaissance partagée et production de biens et de services » [2]. Le constat et la validation de cette reconnaissance d’un « processus historique » s’avèrent fondamentaux, dans la mesure même où elle réduit à leur plus simple expression tant d’affirmations simplement basés sur le simple développement de produits technologiques, ce qui en soit ne présente naturellement pas le moindre intérêt. On oublie souvent qu’un tel processus concerne - pour ce qui est de la production, la diffusion et l’utilisation des connaissances - plus de 50% du PIB des états membres de l’OCDE
La seconde réalité porte sur « l’analyse économique de la connaissance ». Pour toute une série de raisons qui tiennent précisément à notre histoire et notamment à notre histoire intellectuelle occidentale, l’approche qui tend à distinguer une histoire proprement culturelle et une histoire spécifiquement économique s’avère constituer l’une des raisons majeures du peu de visibilité qu’ont les décideur contemporains devant un tel processus, devant les mutations subies par exemple par les modes traditionnels de coordination que sont les marchés et surtout naturellement les organisations, du fait même de l’impact croissant du capital et des ressources immatériels : « dans une large mesure, est-il ainsi souligné, le développement d’une économie fondée sur la connaissance impose un renouvellement théorique à l’analyse économique afin de prendre en compte les multiples dimensions du phénomène d’intellectualisation de l’économie ».
Aussi est-ce l’interdépendance même de ces deux réalités que cette étude se donne pour vocation de mettre en exergue.
C’est en effet toute notre « culture de la croissance » qu’il nous faut contribuer à revoir avec force pour développer et conforter des économies et des communautés intensives en connaissances : « sans cette nouvelle culture [3], estime ainsi l’équipe du CREM, on risque de ne pas disposer des ressorts favorables à la dynamisation des économies actuelles ».
[2] Ce qui n’enlève rien aux débats sur « le savoir être et plus généralement le capital social », qui « va au-delà du capital humain », comme le précise justement l’ouvrage.
[3] Y compris (et c’est essentiel) au sens éminemment traditionnel du terme.