Atelier AVN « Internet et les collectivités territoriales »
Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris le 29 mars - 14h30 - 18h

 Dirigé par André Jean-Marc Loechel 
Secrétaire général de l’Association des Villes Numériques

Le Net et les collectivités en Europe

Resumé des interventions de Louis FABIANO, Siemens et de Chiarra SOTTOROCONA, Corriere della Serra

I.             Les collectivités européennes à l’assaut du Net

Louis FABIANO

Je suis chargé des relations avec les collectivités territoriales au niveau des institutions pour la France, mais je surveille également les évolutions au niveau européen, voire au niveau mondial.

En Allemagne, le gouvernement a lancé l'initiative intitulée Idee21 et tournée vers les entreprises. 400 entreprises font partie de ce dispositif. Aujourd’hui, Idee21, comme la fondation, en est au stade de la réflexion. En revanche, les Länder, notamment la Bavière, sont beaucoup plus actifs. Certaines entreprises sont impliquées dans des programmes européens de villes numériques tels que Telecities ou Imagine. En France, l’initiative doit également venir des régions.

On parle beaucoup aujourd’hui des autoroutes de l’information, mais des autoroutes sont créées sans départs et sans arrivées. On se préoccupe beaucoup du transport mais peu de la sécurisation et de l’équipement de maintenance. Personne ne se préoccupe du contenu.

Les centres de ressources sont chargés de gérer l’ensemble de cette problématique. Ils doivent dispenser les usagers de tout ce qui pourrait les handicaper en termes de produits techniques. Ils doivent gérer l’ensemble des applicatifs : les aiguillages, les hotlines, les formations. Ils peuvent prendre le relais des opérateurs.

Un de ces centres a été développé en Europe entre les gens du CERN et du CNRS. Il est situé près de Genève du côté français à Archamps. Le département est impliqué dans ce centre sur le plan financier. Ce centre interconnecte l’ensemble des établissements scolaires, l’ensemble des collectivités et les offices du tourisme du département. On lui demande de prendre en considération aujourd’hui la partie “ plate-forme de commerce électronique ”. Ce centre a été développé à l’instigation du directeur du développement économique. Il a récupéré les développements effectués en milieu universitaire et les a adaptés à la vie publique.

Ce type de centre peut être le bon nœud pour l’interconnexion d’une région en matière d’Internet. Un certain nombre de pays situés autour de la Méditerranée sont en train de s’y intéresser afin d’en installer. La Grèce a décidé d’en créer une vingtaine, l’Algérie d’en développer six. La Tunisie, l’Egypte et la Jordanie sont également impliquées dans cette démarche. L’Allemagne s’y intéresse. Les opérateurs s’y intéressent aussi car pour l’instant ils ne disposent que de solutions de transport et ne possèdent pas de solutions de contenu. Or les centres de ressources leur permettraient de joindre ces éléments.

Le CRI d’Archamps est opérationnel depuis deux ans. Plus de mille établissements y sont connectés. La Banque Mondiale s’y intéresse car elle n’a pas trouvé de solutions dans ce domaine.

II.          De Trieste à Sienne : les villes numériques italiennes

Chiarra SOTTOROCONA

Les villes numériques sont en plein essor en Italie, avec 1 355 sites de collectivités locales. En Italie, la notion de “ villes numériques ” est prise au sens large et regroupe des expériences variées, des plus simples aux plus complexes. De plus, en Italie, on constate une réelle synergie entre les mairies et les régions. Ensemble, elles poursuivent des buts communs :

·         encourager la communication, à travers des forums citoyens virtuels et des réseaux civiques ;

·         diffuser l’information, notamment en promulguant l’image des villes ;

·         agir en faveur de l’interaction avec l’administration publique, premier pas vers une nouvelle forme de participation, vers une démocratie virtuelle.

Les villes numériques ont une dimension écologique (économie de papier), elles permettent une plus grande transparence de l’administration. Le site institutionnel et le réseau civique de la ville de Rome offrent aux citoyens un miroir sur l’administration, permettent l’échange des expériences, propose une information de service public. Ces réseaux sont apparus spontanément et précocement en Italie. Pionniers, ces réseaux se sont progressivement propagés dès les années 80. Très tôt, la mairie de Bologne a voulu garantir l’expansion du système, en offrant l’accès gratuit à Internet à ses citoyens. De même, à Trieste, les citoyens pourront avoir accès au haut débit ou louer un ordinateur à des prix très bas. Selon les maires, un véritable réseau civique ne peut se constituer qu’à partir du moment où tous les citoyens sont connectés.

En Italie, nous comptons aujourd’hui quelque sept millions d’internautes, dont 50 % depuis le domicile. L’ordinateur s’est intégré dans 20 % des familles. De plus, les connexions à Internet ne cessent d’augmenter et les petites communes font également leur entrée sur le Net. Ainsi, depuis trois ans, le centre d’étude sociale fournit un rapport national, à partir d’une enquête menée sur l’ensemble du territoire, qui montre la forte émergence de la Toscane. Bologne reste cependant le leader incontestable dans l’utilisation novatrice des nouveaux outils du Net.