Atelier ARENOTECH/AVN « Education et infotechnologies »
Cité des Sciences et de l’Industrie - Le 27 mars 2000 - 14h30 - 18 h
Formation et NTIC, Education et infotechnologie
Dirigé par André Jean-Marc Loechel,
Secrétaire général de l’Association des Villes Numériques

Les débats sont animés par André Loechel. L’atelier est organisé par ARENOTECH en partenariat avec l’association des villes numériques

I.             Introduction

André LOECHEL

Nous souhaitons faire le point sur les apports concrets de l’infotechnologie au champ éducatif aujourd’hui. Nous voulons éviter les redites. Un centre de compétences sur l’éducation, la culture et l’infotechnologie a été récemment créé à Paris, dans le quartier de la Madeleine. Ce centre organise des réunions tous les lundis soir autour de cette thématique. Il faut que nous profitions de l’occasion qui nous est offerte, dans le cadre de Net 2000, pour sortir des sentiers battus et faire le point sur la situation dans le monde de l’éducation. Les points que nous aborderons durant cette après-midi sont en corrélation avec le lieu dans lequel nous nous trouvons.

Les espaces multimédias se multiplient partout et assurent un accès au réseau et à différents processus de transmission du savoir. Il s’agit de cyber-média en Bretagne, de cyber-centre à Strasbourg… Certaines villes veulent aujourd’hui participer à ce mouvement de transmission du savoir dans des espaces dédiés. Louis Fabionnaux nous parlera de la Maison des Savoirs qui permet d’assurer la mise à disposition du savoir. En outre, nous avons besoin de portail pour la recherche et pour avoir une vision d’ensemble du savoir. Ils peuvent nous permettre de disposer d’une autre forme de disponibilité et d’outils nouveaux de propagation du savoir. Enfin, nous étudierons la question du cartable virtuel au travers de la génération des livres virtuels et la diffusion de la connaissance auprès des enfants malades.

II.          La Maison des Savoirs

Louis FABIONNAUX

Le projet de Maison des Savoirs date de 1995-1996. Il fait partie d’un programme européen. Régis Passerieux, indépendamment de son activité de Maire d’Agde, est Président de l’Association des anciens comptoirs grecs et phéniciens. A ce titre, le projet suit un double objectif. Une partie du projet est éducative et orientée autour de la culture méditerranéenne. L’autre partie est liée à la net économie. Cependant, l’accès aux NTIC ne se limite pas à un problème d’informatisation. Il peut exister une fracture sociale liée à la technologie et au matériel. Régis Passerieux souhaite ouvrir Internet à tous ses concitoyens sans aucune restriction. La Maison des Savoirs a été installée dans un ancien lycée. Elle sera inaugurée au mois de mai 2000. L’objectif recherché est de fournir un accès et une formation continue à Internet. Pour y parvenir, nous avons conclu des partenariats multiples avec l’AFPA, l’ANPE… Nous voulons rassembler les dispositifs nationaux et internationaux pour permettre à chacun de se former et de se connecter sur Internet.

La région du Languedoc-Roussillon est frappée par un taux de chômage important. En revanche, elle accueille chaque année deux fois plus de touristes que la Tunisie. Il s’agit donc d’une opération de citoyenneté qui n’a pas d’équivalent en France. Le concept dépasse celui de la cybercommune, que l’on retrouve notamment en Bretagne. Le cœur du bâtiment est une médiathèque. Certaines institutions comme la Banque Mondiale s’intéressent à la Maison des Savoirs pour développer le concept de manière internationale. Celle-ci met en place des programmes et des sites d’enseignement à distance dans les pays en voie de développement. L’idée de maisons des savoirs s’est propagée rapidement dans le bassin méditerranéen. La Grèce compte une vingtaine de maisons du savoir, l’Egypte en a construit une à Alexandrie. L’Algérie et la Tunisie sont engagées dans un processus de création. Les Grecs travaillent sur un contenu rassemblant des préoccupations d’enseignement et de formation.

La question du développement des PME et des PMI viendra se greffer ensuite sur ce concept de Maison des Savoirs. La plate-forme e-commerce n’existait pas au départ du projet Celui-ci était uniquement tourné vers les concitoyens pour éviter la fracture des NTIC. Enfin, nous pensons qu’il convient de construire des centres de ressource. Ils ont pour objectif d’assurer la gestion des technologies, des télécommunications et de l’informatique. La Maison des Savoirs est un bon creuset pour développer ces centres de ressources. Ce n’est pas du ressort des concitoyens ou des enseignants d’en assurer la gestion de la technique. Ils n’en ont que l’usage.

André LOECHEL

Avez-vous des questions à formuler ?

Martine VIDAL, CNED

L’idée n’est pas nouvelle. Le CNED a effectué des recherches dans ce domaine. Il existe déjà développé deux maisons du savoir. En outre, le nom est déposé.

Louis FABIONNAUX

Le projet fait état d’une maison des savoirs et non d’une maison du savoir. Le recteur Moreau du CNED a tout de suite adhéré au projet lorsque nous lui avons soumis en 1995.

André LOECHEL

Le projet est donc antérieur à celui du CNED.

Louis FABIONNAUX

En effet. Mais, je pense qu’il convient d’éviter les conflits à ce sujet. L’important reste qu’un tel projet existe. Aujourd’hui, certains parlent même de développer des portes du savoir. Ce sont des portails dédiés à l’éducation de nos enfants.

Jérome CREUTZ, chargé de mission utilisation des NTIC par l’administration

Est-ce que vous pouvez nous présenter un site ou une plate-forme de démonstration ?

Louis FABIONNAUX

Il faut se connecter sur le site de la ville d’Agde.

André LOECHEL

Je souhaite avoir plus d’informations sur les sites d’enseignement à distance développés par la Banque Mondiale.

Louis FABIONNAUX

Le plan 2001-2005 prévoit la création de 60 sites d’enseignement à distance dans les pays en voie de développement. Les maisons des savoirs assurent une bonne base de démarrage pour de telles initiatives.

De la salle

Considérez-vous que la Russie fait partie des pays en voie de développement ?

Louis FABIONNAUX

La Roumanie en fait partie, mais la question reste ouverte pour la Russie.

Alain CARISTAN

Quel est le budget pour assurer le développement d’une salle de formation à distance ?

Louis FABIONNAUX

Le budget est de 10 millions de francs par site.

Alain CARISTAN

L’utilisation de la vidéoconférence par satellite est très onéreuse.

Louis FABIONNAUX

Nous utilisons la boucle locale et le satellite en complémentarité.

Alain CARISTAN

Le projet a été présenté comme étant dédiées aux élites locales. Les salles de formation et de vidéoconférence sont réservées aux responsables politiques et économiques des différents pays. La Banque Mondiale a assuré la promotion du concept de cette manière, notamment en Mauritanie, lors de la récente Fête d’Internet.

Louis FABIONNAUX

Normalement, le projet n’est pas prévu pour les élites.

Alain CARISTAN

Je n’effectuais qu’une mise en garde pour éviter les dérapages. Le projet ne doit pas être présenté comme un package réservé aux élites locales.

III.      Utilisation de la technologie pour le transfert des connaissances

Alain CARISTAN

Depuis deux ans, j’ai travaillé à monter des ateliers de formation de formateurs aux NTIC dans toutes les régions du monde. Nous avons choisi, avec Vincent Tournardre, de vous présenter une vision provocatrice des transferts de connaissances. Il convient d’appréhender la question des NTIC au travers de la notion de distance. On parle beaucoup aujourd’hui de nouveaux paradigmes dans les échanges entre les différents acteurs du monde du savoir. La communication vient se positionner au milieu du triptyque enseignant – apprenant – matière. Il s’agit d’une notion médiatique et télématique. La pédagogie s’appuie désormais sur une série de moyens et d’activités. Dès lors, la méthode est en continuité par rapport au passé. Trois grands axes apparaissent désormais :

·         l’autoformation ;

·         la formation en présence ;

·         le tutorat virtuel.

L’espace réel d’échange devient de plus en plus virtuel.

Vincent TOURNARDRE

La problématique de l’auto-formation dépend de la distance effective par rapport au savoir. Le contenu multimédia doit être adapté à la cible. Les cyberformateurs travaillent en partenariat avec des ergonomes. Un outil d’auto-formation peut être appréhendé comme un outil de formation à distance avec un tuteur virtuel qui est présent pour adapter le contenu et construire une architecture qui réponde aux besoins des utilisateurs. Les formateurs doivent produire des outils conviviaux pour conduire progressivement les apprenants vers les NTIC. La distance par rapport au savoir est comblée par la présence d’un tuteur virtuel.

La formation “ tutorée ” présente le formateur comme un précepteur. Celui-ci doit gérer parfaitement les outils de la formation à distance. Il convient donc d’associer dès le départ les formateurs à la conception des outils afin de réduire la distance entre les apprenants et lui-même.

Dès lors, nous allons évoluer vers un système de formation ouverte dans le cadre d’une transformation des systèmes d’information. Le formateur doit pouvoir orchestrer des phases d’auto-formation et des modes de formation plus traditionnels. Le formateur doit savoir être virtuel et piloter des bases de formation à distance. Grâce au multimédia, les formateurs peuvent désormais introduire du contenu dans leurs formations.  Ils doivent s’affranchir des contraintes et personnaliser le parcours pédagogique de chacun des apprenants. La phase de conception et de développement de notre plate-forme de formation à distance sera achevée au mois de septembre 2000. Elle permettra de déboucher sur un système de formation ouvert.

De la salle

Comment faites-vous afin de personnaliser le parcours pédagogique ?

Vincent TOURNARDRE

La personnalisation est assurée par les formateurs eux-mêmes, en communication avec les apprenants.

Jérome CREUTZ

Existe-t-il une page de présentation de votre concept sur le site de l’INRIA ?

Vincent TOURNARDRE

@rc en Web est une société privée qui travaille en collaboration amicale avec l’INRIA. La plate-forme n’est pas encore disponible.

Jérome CREUTZ

A quel prix sera vendu le produit de formation ?

Alain CARISTAN

Il ne s’agit pas de développer un nouveau produit de formation intégré. Il en existe suffisamment sur le marché. Nous ne prenons pas le travail des pédagogues et des formateurs, mais nous travaillons en commun avec eux pour allier la technologie et la formation. Nous réfléchissons à rendre le formateur autonome dans la création de son produit. Notre concept tend à répondre aux besoins des formateurs et non à leur imposer un produit tout fait et peu évolutif en termes d’architecture et de structure.

Sophie DELOUIS

S’agit-il d’un nouveau langage ? Est-il possible d’utiliser votre produit avec Word et Excell et d’intégrer des images ? Permet-il à un professeur de disposer d’une plate-forme sur laquelle il peut produire des cours ?

Vincent TOURNARDRE

L’habillage graphique est géré par la plate-forme. Celle-ci intègre un module de gestion… Dès lors, le formateur est affranchi des contraintes techniques. Son travail se limite à remplir les formulaires. Le système est autonome, il fonctionne différemment des standards du marché, notamment Word. Mais il est possible de faire du “ copier – coller ” à partir de cours qui sont sous Word et de les intégrer dans un ensemble multimédia.

Alain CARISTAN

Le concept que nous développons revient à réutiliser et à réorchestrer l’existant.

Laura GARCIA VITORIA

Le système est-il similaire à celui de Koobee  ?

Vincent TOURNARDRE

Notre concept se distingue de Koobee par la possibilité d’ajouter du contenu. Le professeur reste totalement libre d’utiliser les informations et les outils qu’il souhaite. Il peut adapter ses cours au jour le jour. Il n’est dépendant ni de l’information ni des logiciels.

Alain CARISTAN

La plate-forme permet de faire évoluer les cours dans le domaine du multimédia. La technologie doit être capable d’enchaîner les travaux et de faire évoluer le métier de la formation. Chacun doit expliquer quel est son mode de travail pour que la plate-forme puisse s’adapter en fonction des besoins.

De la salle

Quelle est la cible matériel et la cible logiciel de votre produit ?

Vincent TOURNARDRE

Il suffit de disposer d’un navigateur pour accéder à la plate-forme de formation et produire du contenu. La plate-forme se présente sous la forme d’un serveur Web avec du Java, du XML… Les technologies sont organisées afin de les rendrent les plus communicantes possible. L’objectif est de restreindre les contraintes techniques au maximum.

Alain CARISTAN

La plate-forme matériel peut aussi bien être Windows que Linux.

De la salle

Quel sera le type de contenu ?

Vincent TOURNARDRE

Dans un premier temps, il s’agira principalement d’un contenu destiné au monde de l’entreprise sur la finance, le droit, les langues ou encore les initiations à Internet. Vous pouvez vous faire une idée sur le produit en tapant @rc-en-web.fr. Vous y trouverez une présentation pour construire progressivement un site Web. Chaque rubrique est constituée sous la forme de chapitres. Le site est conçu avec des exercices, des fiches récapitulatives et des formulaires pour assurer la saisie en ligne.

IV.       De la formation individuelle en centre de ressources à l’auto-formation tutorée en ligne

Franck EDUN

Mon intervention porte sur la formation bureautique et informatique. Dès le départ, Pro’Training a décidé de se limiter à ce domaine. Cette discipline date du milieu des années 80. L’expérience et le recul sont donc peu importants. Cependant, tout le monde est aujourd’hui concerné par l’informatique, dans la vie privée comme dans le domaine professionnel. Avec le développement d’Internet, le nombre d’utilisateurs explose. En outre, les outils changent de manière continue. Nous sommes donc confrontés à un problème de mise à niveau des connaissances. Nous proposons une formation de masse avec des mises à jour très fréquentes. Notre solution d’auto-formation couplée à un tutorat a été développée en 1996-1997. Chez chacun de nos clients nous construisons une salle de formation avec une dizaine d’ordinateurs. Un tuteur est présent une à deux heures par semaine. Nous offrons des solutions individualisées qui prennent en compte les besoins de chacun. Plus de 200 centres de formation ont été développés avec nos solutions. 200 à 300 tuteurs aident les personnes à s’auto-former. Nous assurons toute la formation bureautique de la Poste. 150 tuteurs y travaillent au sein de 60 centres de formation répartis dans toute la France. Nous prévoyons de doubler le nombre de tuteurs à la Poste d’ici deux ans.

Les tuteurs doivent être capables désormais d’assurer une formation en ligne. De fait, il est exclu que les personnes effectuent une heure de trajet pour deux heures de formation. La formation en ligne est rendue possible par la connexion de postes dédiés à un centre de ressources où le tuteur est physiquement présent. Nous avons choisi la vidéoconférence comme mode de communication avec le tuteur. L’outil de formation incorpore cette intervention vidéo. En fonction de ses résultats, la personne en formation décide d’appeler ou non le tuteur.

Dans le cadre de la formation à distance, la plate-forme et les contenus tiennent une place plus importante que le matériel lui-même. La présence des accompagnateurs conditionne le succès de la formation. Nous avons toujours refusé de développer des centres de ressources sans tuteurs.

Fabrice CREUTZ

Dans la formation à distance, les personnes peuvent s’auto-former en dehors de leur temps de travail.

Franck EDUN

Il est arrivé que des Directions Informatiques nous proposent de diffuser nos contenus de formation en laissant les salariés se débrouiller eux-mêmes. Mais ce n’est pas parce qu’une formule d’auto-formation est proposée que l’entreprise doit abandonner les projets ou les temps de formation. Ceux-ci sont en effet comptabilisés dans le temps de travail.

De la salle

Combien de clients avez-vous aujourd’hui ?

Franck EDUN

Nous avons maintenant 300 000 clients qui utilisent nos formations.

De la salle

Quel est le degré d’intervention des tuteurs en ligne ?

Franck EDUN

Ils travaillent comme dans des centres de formation réels. Dans de tels cas, les tuteurs interviennent six minutes par heure. En auto-formation, la consultation des tuteurs est ramenée à trois minutes par heure. L’assistance intègre un temps de présentation et un temps de dépannage. Cependant, l’initiative ne vient que de l’apprenant, alors que, dans le réel, le tuteur passe derrière les apprenants. En cas de problème, le tuteur peut toutefois prendre le contrôle à distance pour aider les apprenants.

V.          L’art et les NTIC

Claire THOMAS

J’appartiens à la Commission des nouvelles technologies de l’image. Nous nous intéressons à la formation à distance en utilisant le patrimoine comme carrefour de toutes les connaissances historiques, sociales et pratiques. Sur un élément du patrimoine donné nous essayons de disposer de toutes les formes de connaissances. Cependant le problème majeur auquel nous sommes confrontés est le poids d’une architecture intégrant des images qui rend difficile l’interactivité. Nous cherchons à développer un surf intuitif à partir des images. Un tableau de Goya, par exemple, pourra donner envie d’accéder à des cours d’espagnol ou à une histoire de la civilisation espagnole.

Martine HOURCADETTE

Nous avons développé un projet pour les artistes plasticiens. Ce projet vise à mettre à leur disposition des galeries virtuelles. Cependant, le site communique aussi des informations sur la protection sociale, les aides… Nous les assistons techniquement pour la conception de leurs galeries. Une fois qu’elles sont achevées, nous indiquons aux artistes où ils peuvent héberger leurs galeries en ligne. Celui-ci présente également les expositions en cours et le calendrier pour l’année 2000 ainsi qu’une bibliographie et de la documentation. Par ailleurs, nous proposons des cours d’esthétique et d’imagerie en auto-formation ou en formation ouverte. Enfin, nous avons élaboré un forum pour nourrir le projet des remarques de chacun. Le projet fonctionne grâce au travail de personnes bénévoles.

François TANIOT

L’association dont je m’occupe a été sollicitée par le ministère de la culture pour réaliser le volet virtuel des journées du patrimoine. Nous avons mis en place un concours pour la mise au point d’une rétrospective virtuelle sur les 100 ans d’un lieu de notre patrimoine. Nous sommes associés notamment à l’INA et à la BNF. Nous recherchons aujourd’hui un réseau d’appuis dans cette aventure pour élargir l’audience de notre offre.

En outre, nous avons le projet de proposer aux villes des annuaires de leurs entreprises illustrés par des artistes locaux.

Alain CARISTAN

Dans votre projet, Claire Thomas, vous essayez d’exploiter un objet afin de savoir tout de lui. Avez-vous noué des partenariats avec des musées… ?

Claire THOMAS

La technologie permet d’explorer les peintures jusque dans leurs craquelures. Pour l’instant, le projet est indépendant et personnel. Nous avons un grand travail à réaliser en France mais aussi en Asie et dans les pays d’Afrique. Nous devons diffuser le patrimoine. Il ne doit pas rester la propriété exclusive d’un musée.

André LOECHEL

Nous venons de voir comment il est possible de réinventer une œuvre. Il est dommage que les professeurs n’exploitent pas ses facilités au lieu de travailler dans les amphithéâtres à partir de diapositives de maigre qualité. La numérisation ne coûte pas cher. Il faut que nous reprenions les matériaux qui sont entre les mains des institutions et des musées pour les diffuser au plus grand nombre de personnes.

Chiara SOTTOCORONA

Les conservateurs et les experts des plus grands musées du monde essaient de développer une stratégie d’ouverture des musées sur Internet. Le projet vise à effectuer l’acquisition numérique de grande qualité de toutes les œuvres des musées partenaires. Dans deux ans, ce fond numérique sera disponible sur Internet. Les utilisateurs pourront naviguer dans les œuvres pour parfaire leur éducation. 

L’Union Européenne soutient par ailleurs le projet de la mairie de Rome qui a pour but d’ouvrir un concours pour récompenser la meilleure initiative dans l’utilisation des NTIC en faveur de l’éducation. Les dossiers peuvent être déposés jusqu’à la fin du mois de juillet. Les prix seront remis par le maire de Rome en décembre 2000. Pour connaître le projet des villes italiennes en réseau, vous pouvez vous connecter sur commune.roma.it.

VI.       Le projet TELETEENS

Sophie DELOUIS

La présentation que je vais effectuer est destinée à améliorer la formation par télépédagogie des adolescents malades. Il ne s’agit ni d’handicapés moteurs, ni d’enfants. Je travaille dans le cadre d’un projet européen, dans le département informatique de l’INSA pour déterminer comment les outils informatiques peuvent assurer leur formation. Rien ne serait fait si les hommes politiques, les professeurs, les institutions et les industriels ne font pas un effort dans ce domaine. Pour parler des adolescents concernés, prenons des exemples. Il peut s’agir d’une jeune fille qui souffre d’une maladie très grave. Elle est totalement déscolarisée et vit à la campagne. Elle reçoit des cours de la part d’un professeur deux fois par semaine. Bernard, de son côté, doit se rendre à l’hôpital trois fois par semaine pour changer son sang. Pendant ce temps-là, il manque ses cours. Dominique souffre d’une maladie des os. Elle est hospitalisée pendant un an et ne suit des cours qu’en français et en mathématiques. Les sciences et l’économie ne lui sont pas enseignés. D’autres adolescents suivent leur scolarité dans un établissement spécialisé.

Les NTIC peuvent compenser l’isolement total ou partiel. La scolarisation est remise en cause par l’anxiété, le manque de temps du fait des soins ou encore le manque de forces. En outre, ces adolescents ont besoin d’être guidés par un professeur. Le contexte culturel scolaire manque à ces adolescents. Les images permettent d’aller à l’essentiel et d’apprendre avec moins de fatigue. La structure des cours doit permettre permet d’assurer un enseignement à distance sans distances. L’établissement où séjourne l’adolescent malade doit être équipé pour pouvoir communiquer avec le reste du monde. Il suffit de mettre en place un serveur privé. Grâce à la visioconférence, à la messagerie électronique, aux forums ou aux CD Rom, le savoir est partagé. Le concept de salle multimédia cède la place à une salle forum où le savoir est partagé. L’accent doit être mis sur l’échange entre les adolescents. Les outils multimédias ne servent au professeur et aux élèves qu’à communiquer avec l’extérieur.

Il est également possible d’effectuer du travail coopératif de classe à classe par visioconférence et au moyen de forums. Les adolescents ont alors besoin de travailler en communauté et sur des logiciels pour intégrer les cours. Par le biais du forum, ils peuvent partager leurs connaissances. L’INRIA a mis au point un prototype d’Intranet qui permet à des établissements scolaires de communiquer entre eux sans être perturbés par des messages publicitaires comme sur un forum classique.

Les résultats sont encourageants. La dimension relationnelle avec le professeur est restaurée. L’apprentissage s’effectue avec moins de fatigue, le travail coopératif assure le développement d’une communauté sociale. Les NTIC aident enfin à l’expression orale et écrite. La mise à disposition du savoir est assurée par des professeurs spécialisés. La formation à la télépédagogie doit permettre de partager les expériences et de découvrir une nouvelle réalité éducative. Mais le procédé coûte très cher à développer. Il ne peut être mis en place que par les villes qui ont une nécessité prioritaire de le faire en association avec les politiques, les industriels et les institutions. Le concept de teleteens permet de fédérer tous les acteurs autour d’un même projet européen. Nous proposons de mettre en place un prototype sur cinq centres spécialisés pendant quatre trimestres, d’intégrer les services de formation sur une plate-forme pédagogique unique dans les salles de forum et de développer la coopération entre les différentes associations et institutions spécialisées. Nous avons besoin d’un soutien politique fort pour que 60 000 adolescents malades puissent communiquer et poursuivre leur scolarisation. Il convient seulement d’adapter des NTIC qui existent pour coller au plus près de la réalité de tous les acteurs.

Louis LACAZE

Le département télécommunication et usages de l’INSA de Lyon est-il associé à la recherche dans le cadre de teleteens ?

Sophie DELOUIS

Le département est de création récente. Cependant, le responsable de la formation est très intéressé par notre travail. Il vérifie la fiabilité du système.

André LOECHEL

Comment le projet survivra-t-il à la fin du partenariat de France Télécom ?

Sophie DELOUIS

Le projet est mis en difficulté aujourd’hui du fait de la décision unilatérale d’une personne de France Télécom. Nous avons expérimenté des prototypes. Nous connaissons bien la problématique en France. Le projet ne doit pas s’arrêter maintenant. Nous devons tous fédérer ce qui existe pour retrouver une nouvelle dynamique. Le concept d’association de la visioconférence et des forums est novateur. Nous commençons juste à l’utiliser aujourd’hui avec nos ingénieurs à l’INSA.

VII.   Les NTIC dans le développement local et la gestion des souvenirs

François TANIOT

L’utilisation des NTIC permet de retrouver l’identité des territoires et des individus dans le cadre de la mondialisation et de la dématérialisation. Les individus doivent effectuer un retour sur eux-mêmes par identifier les sources de leurs valeurs et de leurs compétences. Nous imaginons des usages pour les NTIC et nous concevons des projets transformables en produits commercialisables.

Nous avons pensé mettre en place un annuaire économique à la carte. En effet, la présentation des entreprises est souvent sommaire. Il est possible de faire beaucoup mieux à faible coût. Nous travaillons en collaboration avec le laboratoire d’informatique de l’Ecole des Mines de Paris. Les fichiers Excell sont transformés au format HTML. Nous sommes en mesure de proposer aux villes l’externalisation du volet économique de leur site Web. La dimension pédagogique se retrouve dans le fait que tout le monde dispose du même niveau d’information. Des solidarités économiques peuvent se mettre en place. La ville devient un diffuseur des pratiques des NTIC en assurant un BtoB de proximité. La charte graphique peut être personnalisée par l’artiste local qui assurera une représentation du tissu économique à son manière. La relation avec les autres personnes et les autres sociétés s’effectue au travers d’espaces multimédias qui fonctionnent comme des espaces de vulgarisation d’Internet en ville.

Nous travaillons également sur la gestion numérique des souvenirs. Il est possible de créer un CD interactif à partir du parcours de chacun ou de mettre en place des œuvres commémoratives virtuelles. Les fonds numérisés sur des biographies individuelles existent. Les 15 premières secondes de chaque séquence vidéo sont d’ailleurs libres de droit. Nous pourrons fournir une offre de plus en plus structurée. Les recherches s’effectueront au travers d’une bourse iconographique. Nous avons proposé au ministère de la culture d’introduire ce concept dans la journée du patrimoine virtuelle. Notre produit dispose d’une dimension d’éveil et de transmission des connaissances. Nous expérimentation notre idée à Nantes avant d’étendre l’offre à toute la France

Nous proposons enfin des aides à la création d’entreprise. Le Conseil Régional d’Ile de France verse 18 000 francs à toutes les entreprises commerciales de moins de deux ans qui travaillent dans un environnement BtoB. Il existe donc un marché potentiel pour l’assistance à la réalisation de site Web. Les entreprises ont aujourd’hui le droit à six jours de formation subventionné 1 000 francs et 3 jours de conseil subventionné à hauteur de 4 000 francs par jour. Cette somme peut aussi être utilisée pour de la formation à la création ou au relookage d’un site Internet. J’ai proposé au Conseil Régional de lancer un site pour expliquer comment utiliser le fond. Le dispositif pourrait être très facilement automatisé avec la fourniture d’un devis type en ligne et la création de nombreux centres de diagnostiques en Ile-de-France. Le centre d’Issy-les-Moulineaux est chargé de recevoir tous les candidats. Une fois que le besoin est constaté, nous créons un prototype avec des partenaires.

Vous pouvez retrouver ces trois idées sur le site cite.org. L’axe fédérateur de ces projets est le territoire de la cité. Le site s’appelle “ banlieue en ligne ”. Il s’agit de conserver le concept général de solidarité avec l’apport des NTIC. Avec ces projets, nous essayons de trouver des idées pour que les entreprises restent en banlieue une fois que les exonérations fiscales s’achèvent.

VIII.    Edubyweb : portail francophone de la formation en ligne

Sylvain PHELIPPEAUX

Je travaille à l’Atelier, la cellule de veille technologie de BNP-Paribas. Nous effectuons une surveillance interne à l’attention des sociétés du Groupe et externe. Le Groupe forme ses collaborateurs pour acquérir de nouvelles compétences. Ces derniers sont désormais capables de maîtriser l’utilisation des NTIC. Le streaming est très utilisés, notamment dans le cadre de la numérisation des discours. Tout devient formation. Edubyweb permet d’assurer la cohésion de cette ensemble et de nous positionner comme un partenaire en termes de formation. Nous proposons de procéder à une mutualisation des connaissances dans edubyweb. Les experts sont mis en relation afin que leur savoir-faire devienne un “ faire savoir ”. Le site référence tous les nouveaux outils de formation. Edubyweb se présente sous la forme d’un moteur de recherche. Nous pouvons travailler en partenariat avec des sites comme @rc en Web. Nous sommes concurrents d’acteurs comme Yahoo.com puisque nous ambitionnant de fédérer toutes les initiatives individuelles dans le domaine de la formation. Nous avons un rôle d’intermédiaire comme moteur de recherche mais aussi comme forum ou comme annuaire. Le site sera disponible en septembre 2000.Vous pouvez déjà consulter le projet sur le site edubyweb.com. Nous vous proposons en effet de vous inscrire à un voyage d’étude que nous organisons aux Etats-Unis du 22 au 29 avril 2000.

Chiara SOTTOCORONA

Peut-on trouver sur votre site des indications et des formations à distance sur la recherche d’un premier emploi ?

Sylvain PHELIPPEAUX

Rien n’est prévu par Edubyweb directement. Nous aidons à promouvoir ce que vous créez. Nous n’avons pas vocation à produire des contenus, mais nous sommes prêts à accueillir tous les types de travaux que vous nous soumettrez. Il peut s’agir aussi bien de cours sur le BtoB ou de formations sur le point de croix.

De la salle

Comment gagnez-vous de l’argent ?

Sylvain PHELIPPEAUX

Grâce aux bannières publicitaires, comme sur Yahoo.com... Nous prenons en outre des commissions sur la revente de services comme la Web conférence.

Martine HOURCADETTE

Les cours sont-ils gratuits ?

Sylvain PHELIPPEAUX

Tout à fait. Edubyweb fonctionne comme un moteur de recherche. Les cours sont fournis par des personnes extérieures à notre structure. Dans certains cas, néanmoins, ils peuvent être payants si les organismes de formation qui les ont produits souhaitent les faire payer.

Martine HOURCADETTE

Toute personne qui dispose d’un projet peut venir vous le soumettre ?

Sylvain PHELIPPEAUX

Exactement.

André Loechel propose de regarder une vidéo développée par l’Université de Bologne sur les musées virtuels.

André LOECHEL

Je souhaite maintenant vous présenter une vidéo sur la question des musées virtuels. Au travers de cette initiative de l’Université de Bologne, le patrimoine est mis en ligne. Il est possible de choisir l’époque de la visite. Ce projet permet de présenter des images anciennes, mais il est encore difficile d’exploiter une telle richesse iconographique avec les technologies actuelles. Certains musées français travaillent aujourd’hui sur une problématique similaire.

IX.       Le cartable électronique

Stéphane GAULTIER

Je souhaite vous présenter le projet de cartable virtuel que nous avons développé au sein de la société Editronics. Il convient aujourd’hui de tirer parti des médias traditionnels pour attirer le grand public vers les NTIC. Dans le domaine éducatif, les enseignants utilisent les manuels scolaires et les NTIC. Nous ne pensons pas qu’il faille jeter les manuels scolaires à la poubelle. Il faut toujours conserver les supports papier. Cependant, de plus en plus souvent, les professeurs construisent leurs cours en s’appuyant sur des éléments multimédias. Les manuels scolaires doivent se rapprocher du multimédia. Le métier d’éditeur scolaire évolue vers une activité de prestataire et services et d’enseignements pédagogique en apportant aux professeurs et aux élèves un environnement de base dans lequel ils peuvent insuffler leur propre contenu. Nous avons conçu un prototype d’e-manuel que l’on peut consulter sur le site e-manuel.fr.

Notre objectif est de mettre à la disposition des enseignants un support papier et un environnement multimédia dans lequel l’élève et le professeur peuvent préparer le cours ou étoffer un contenu. Il est certain qu’aujourd’hui tous les élèves n’ont pas leur propre ordinateur, mais nous croyons à la logique un élève = un ordinateur. Cependant, ces ordinateurs ne seront pas des PC mais des outils adaptés, formatés aux besoins scolaires. Cette évolution sera aussi importante que le passage de la règle à calcul à la calculatrice. Le produit le plus adapté aujourd’hui est le concept du livre électronique. Les Etats-Unis ont développé des prototypes depuis le début de l’année 1999.

Le système français Cytade se fonde sur une technologie éprouvée. Ceci nous permet d’imaginer un produit disposant d’une autonomie importante. Le cahier des charges doit intégrer les contraintes auxquelles cet outil sera confronté, notamment en termes de solidité dans les cours d’école. Dès lors, la généralisation du système s’effectuera progressivement. Chaque élève pourra disposer d’un terminal sous la forme d’un livre électronique. Une étape intermédiaire pourrait être de proposer des manuels scolaires sur livres électroniques. Cependant, notre objectif à terme est de dématérialiser le cartable et de le remplacer par un cartable électronique.

Le produit dont nous disposons permet de répondre dès aujourd’hui à de multiples questions. Le basculement vers le multimédia s’effectuera progressivement.

André LOECHEL

Je vous remercie tous pour votre contribution à cet atelier.