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Intervention
à la table ronde " Gestion des Resources Humaines, relations
sociales et le TIC ", Infotechnologies
et GRH : le grand défi. Résumé : Les infotechnologies constituent à l’évidence pour le service public, la cohérence de ses missions et son organisation future un enjeu majeur. L’aptitude à une forte remise en question de la gestion de ses compétences se situe aujourd’hui au cœur de tous les débats. S’il est un point capital sur ce terrain, c’est bien celui de la pertinence de sa structuration face à la nécessaire VEILLE TECHNOLOGIQUE que doit assurer pour lui-même et tout ou partie de son corps chaque agent. Une veille qui peut seule garantir la pertinence de ses positions. Devant un tel enjeu, il nous faut nous interroger sur les actions mises en œuvre pour permettre à chaque responsable de maintenir l’horizon de visibilité indispensable à son action. Il est à ce titre vital que tout service de gestion publique puisse contribuer par exemple à la naissance et au développement de clubs ou cellules de veille qui assurent un encadrement minimal de la quête informationelle de chaque membre du service et lui permettent d’utiliser avec force et d’alimenter à son tour intranet et outils de gestion des connaissances. La réflexion prospective - comme bien d’autres tâches - ne saurait ainsi plus se cantonner à une fonctionnalité spécifique d’un service, mais devient un facteur de premier ordre dans le quotidien de son fonctionnement. Est-ce bien là la direction aujourd’hui prise ? L’incitation à un accompagnement de l’irruption des technologies du numérique s’avère aujourd’hui dans bien des cas clairement insuffisante pour générer une réelle tranversalité des tâches et une vraie métamorphose des positionnements. Les conséquences du partage informationnel dans ses aspects les plus concrets n’ont guère été pris en compte dans bien des cas, alors même qu’une nouvelle culture administrative doit en naître. Et ce pas seulement du fait de l’apparition et du développement d’outils nouveaux. On en oublierait presque les mutations induites par ces outils en termes de perception du temps, mais aussi et surtout d’ingéniérie des territoires. En matière de gestion de projets, on perçoit bien ainsi les difficultés engendrées par de nouvelles structurations des savoirs. Les parallèles, mais aussi les interractions entre gestion humaine et gestion des savoirs sont aujourd’hui à peine esquissés. L’ère de la vision globale dans la gestion publique se caractériserait ainsi plutôt concrètement par un morcellement des regards susceptible de constituer un facteur d’affaiblissement de son champ d’action. Le véritable défi - tout au contraire - qui lui permette de retrouver une réelle cohérence réside naturellement dans sa capacité à se doter et à fournir au champ social des repères opérationnels. La gestion des relations humaines en son sein s’en trouvera pour le moins clarifiée. Ainsi, la mise à disposition de chacun des données publiques au travers des réseaux peut aujourd’hui être à la base d’une nouvelle ingéniérie de la gestion publique et en même temps de son organisation. Les résistances devant le nouvel horizon de compétences qui se met en place apparaissent largement amoindries dans une configuration d’accompagnement et de refléxion commune ; on sait qu’elles se trouvent à l’inverse singulièrement confortées par des changements superficiels et une remise en cause simplement caricaturale de hiérarchies d’un autre temps. Les résistances à ce niveau s’inscrivent en réalité avant tout dans une sémantique vague faite certes de refus technologiques mal formulés, mais avant tout d’un appareillage conceptuel mal géré. Là encore, la rigueur et la précision de la formulation des objectifs constituent naturellement une condition de sa pertinence organisationelle. Au fait, aurait-on oublié les bouleversements sémantiques entrainés par toute mutation technologique ? Ce n’est pas tant l’impact d’usages nouveaux qui interroge aujourd’hui avec force la gestion publique que la reconfiguration de son horizon culturel. Et c’est bien là évidemment là le trait premier de la société en réseaux. |