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Le 2 juin 97 a commencé, avec une réunion à Rome, l’un des projets les plus ambitieux qui soient en matière de réalité virtuelle. Notre objectif est de vous présenter cette entreprise dont l’Association européenne “ART - EDUCATION - NOUVELLES TECHNOLOGIES” est le partenaire français.
L’ARENOTECH est une structure née officiellement -suite à la réunion de plusieurs séminaires tenus à partir d’octobre 1995 à Paris- de l’Appel de Venise, à l’occasion de la clôture d’une première Journée Internationale organisée au Musée Correr à Venise le 24 avril 1996.
Elle se veut avant tout un lieu d’information et de synthèse, où une démarche comparative européenne s’impose au sein de chaque thème de réflexion et où les expériences et activités en ce domaine de toutes les structures tant institutionelles qu’associatives se voient présentées et prises en compte.
De vocation fondamentalement européenne, elle a pour objectif de rassembler les initiatives de six groupes de réfléxion autour de l’impact des nouvelles technologies sur l’ingéniérie éducative. Le résultat de ces travaux est présenté officiellement chaque mois au cours d’un séminaire.
Les premiers contenus concernent une salle de langues qui présente un dispositif d’enseignement de la langue espagnole, dont le premier module est déjà opératoire. L’objectif immédiat de la réalisation de tels modules d’enseignement réside en une réflexion issue d’expériences concrètes en matière d’utilisation d’Internet et des réseaux Intranet et de manière générale des nouveaux enjeux de l’ingénierie linguistique et des interrogations nées de l’utilisation des supports électroniques.
Une place importante sera à l’avenir réservée aux questions européennes; de nombreux partenariats ont d’ores et déjà été conclus à ce niveau. Le séminaire organisé par l’ARENOTECH à Bruxelles en étroite liaison avec la Commission Européenne le 20 janvier 1997 sur le thème des appels d’offres européens dans le domaine éducatif a souligné l’urgence d’une première tâche consistant à faciliter la mise sur pied de consortia pour répondre à ces appels; un comité scientifique est en cours de constitution, afin notamment de les piloter. Le site devra en tout cas aider à une meilleure information en la matière.Une salle prendra en charge également, outre les questions relatives à la société de l’information et au travail à distance, toutes les informations relatives aux activités de l’Association des Villes Numérisées et les réalisations des collectivités locales en Europe dans le domaine des nouvelles technologies.
La contribution au succès du programme Mosaïc constitue pour l’ARENOTECH un autre objectif majeur.
Le programme est ambitieux, dans la mesure où il entend ni plus ni moins proposer une approche nouvelle du monde de l’art et des musées.
Et ceci en appliquant les nouvelles technologies des télécommunications d’une part, les pratiques multimédia d’autre part à l’univers de l’art et de l’architecture, des musées et des galeries.
Il s’agit là d’un bon exemple de la philosophie de l’ARENOTECH quant à l’émergeance d’une nouvelle structuration du savoir et d’une centralité inédite de la connaissance dans nos sociétés post-modernes.
Et ce n’est qu’en se situant par rapport à de telles problématiques, par rapport aussi aux acquits récents des sciences cognitives, que l’on pourra persuader les institutions traditionelles qui opèrent sur ce champ d’un nécessaire nouvel accès au patrimoine européen.
Le manque de place pour les exposer ou encore l’état de conservation des oeuvres par exemple font que seul un réseau électronique trans-européen pourra en assurer à l’avenir un large accès, et notamment au monde de l’éducation et de la formation.
Il s’agit là incontestablement de l’un des terrains les plus pertinents pour le déploiement des technologies de réalité virtuelle.
Les résultats de précédents projets européens nous ont souvent facilité la tâche en définissant certains standards ou encore en établissant des bases possibles en vue de nouvelles définitions de la propriété intellectuelle.D’autres champs restent encore à conquérir, et notamment la gratuité d’accès pour les universités, concept qui continue d’irriter tous ceux qui souhaitent faire du patrimoine européen un grand commerce d’images.
Les possibilités en la matière sont aujourd’hui innombrables, depuis les visioconférences et les visites guidées dans des musées virtuels jusqu’à la réalisation de thésauri multilingues et la mise sur pied de véritables événements culturels.
L’on pourra ainsi proposer la visualisation et la cartographie dans le temps et dans l’espace d’un mouvement artistique ou du cheminement d’un créateur.
De même, au-delà de la modélisation tridimentionelle, de l’animation numérique et des reconstitutions de monuments disparus ou de sites réduits à l’état de vestiges archéologiques, il sera enfin permis d’envisager un véritable regroupement de l’information.
Une histoire de l’art radicalement nouvelle pourra enfin naître, cette fois-ci véritablement en adéquation avec le rapport aux images de cette fin de siècle, avec la possibilité de voyages au sein des oeuvres, une réelle écriture hypermédia et des instruments de recherche spécifiques.
La création d’un vrai système culturel intégré reflète bien au demeurant l’esprit de l’hypertexte, tenant compte qui plus est de toute la typologie des utilisateurs potentiels, depuis les interrogations les plus élémentaires, largement facilitées par le multilinguisme et l’interopérabilité jusqu’aux recherches les plus sophistiquées aux paramètres complexes que sont notamment les recherches plurithématiques (picturales, architecturales, bibliographiques) auxquelles répond un ensemble informatif multimédia.
Pour l’ARENOTECH, MOSAIC s’intègre ainsi dans un vaste ensemble de projets. De l’université virtuelle à la constitution d’un grand centre de ressources, nous souhaitons tous contribuer, au travers de la mise à disposition des horizons technologiques les plus avancés de la société de l’information en construction, au service d’une grande Europe de la culture et de la formation. André Jean Marc Loechel/Laura Garcia Vitoria