L’ACCES MULTIMEDIA AU PATRIMOINE CULTUREL EUROPEEN POUR L’EDUCATION. La création du cadre d’action MEDICI (Multimedia for EDucation and employment through Integrated Cultural Initiatives) est le fait de la DG XIII de la commission Européenne- en coopération avec la DG X. Celui-ci est ouvert à toutes les organisations et entreprises dont l’objectif rejoint la promotion de l’utilisation des technologies multimédia pour l’accès.du patrimoine culturel européen.
MEDICI se doit de faciliter le partenariat entre les musées et l’industrie en vue d’initiatives communes dans le domaine culturel. L’objectif premier est de constituer à l’échelle de quelques mois un véritable état de l’art au niveau de technologies et des architectures de systèmes afin de faire connaître les derniers développements pour ce qui est de l’accès multimédia. Elle entend permettre des accords contractuels en vu de faciliter tout projet culturel en ce domaine. Il convient de même de tirer toutes les leçons possibles d’expériences passées au niveau de la viabilité financière des initiatives passée et proposer des méthodes pour aboutir à une réelle qualité de produits et des services multimédias MEDICI doit permettre une réelle coordination avec toutes les autres actions de la Commission Européenne et les grandes initiatives internationales.
Un tel cadre d’action doit permettre à l’industrie de développer des nouveaux services en liaison avec les institutions européennes et par là même de leur ouvrir des nouveaux marchés.
MEDICI s’adresse également avec force aux collectivités locales afin qu’elles investissent toutes leurs forces dans des projets innovants en matière d’accès multimédia et ce en vue de la formation et de la création des nouvelles opportunités d’emploi.
Le cadre d’action est basé sur une étroite coopération autour de quatre actions clés : les meilleures pratiques, les expositions virtuelles, le tourisme et l’éducation - il nous a été demandé quant à nous de co-diriger cette dernière.
Ce cadre d’actions encourage la formation des groupes d’intérêt spécifiques répondant aux souhaits exprimés par les membres. Il est ouvert à tous les participants dans ce domaine, qu’il s’agisse d’institutions publiques ou privées, d’organisations non gouvernementales, ainsi qu’au monde de l’industrie et des services
Les technologies de la société de l'information doivent fournir un accès plus facile à l'information culturelle, en particulier à l'information multimédia sur les œuvres culturelles. Cependant, pour atteindre un tel but, une coopération globale accrue est nécessaire afin de développer des systèmes techniques et des modes d'organisation cohérents, pour la gestion de l'archivage et l'accès. Une coopération internationale dans ce domaine est indispensable pour la gestion et la promotion de la diversité culturelle et linguistique et préparer le rôle vital que doivent aujourd’hui jouer les infrastructures d'information du 21éme siècle en faveur de l'accès aux ressources culturelles des musées, des bibliothèques, des écoles et des universités. Elle sera une clé pour l'apprentissage et la reconnaissance de la diversité culturelle dans les écoles. Les lieux de mémoire et de conservation du patrimoine ont un rôle majeur à tenir dans la réalisation et la mise à disposition des services et des produits relatifs à la transmission des savoirs dans la société de l'information émergente. Ils agissent aussi bien comme les dépositaires - le "propriétaire" en étant le citoyen - d'une partie importante de notre héritage culturel que comme centres de propagation de documentation et de promotion des nouvelles dimensions culturelles contemporaines. Une implication culturelle des musées est indispensable afin de conférer une dimension culturelle visible à la société de l'information.
Nous devons continuer à oeuvrer pour obtenir, à l’horizon de l'an 2000 (quelle meilleure commémoration symbolique ?), l'accès le plus étendu possible aux fonds des musées et galeries d'art grâce aux moyens de communication multimédia. En travaillant avec les associations et organisations non gouvernementales, les instituts de recherche, les organismes de la technologie de l'information et des médias, il convient d’obtenir que le plus grand nombre possible d'objets des collections publiques et galeries d'art soient gratuitement accessibles sur les réseaux électroniques dans les prochaines années; que toutes les collections européennes soient accessibles à partir de divers terminaux et au travers de systèmes d'accès différents, grâce à la mise en oeuvre de protocoles d’interopérabilité et que toutes les écoles, les universités, les instituts de recherche, les bibliothèques aient un accès privilégié aux collections publiques sur les réseaux électroniques.
Il convient de reprendre les domaines de coopération promus par le Memorandum of Understanding au cours des dernières années, notamment pour ce qui est de la normalisation internationale d'ensembles de protocoles fondamentaux d'interopérabilité de formats, de fonctions de recherche et d'extraction, d'interfaces d'accès et de protocoles. Ceci, conjointement avec les comités ad hoc du Conseil International des Musées (ICOM) et le comité DAVIC (Digital Audiovisual Council, comité audiovisuel numérique). De même en est-il de la stimulation de l'intérêt du public et de son information à ce sujet, et ceci en livrant tout à la fois la substance des dossiers scientifiques conservés par les institutions publiques et en créant les interfaces pédagogiques nécessaires.
De même encore en est-il de l'intégration de développements de systèmes multimédia dans les musées avec ceux de lieux spécifiquement aménagés à cet effet, mais aussi des bibliothèques, des archives et des autres fournisseurs d'information culturelle. L’objectif est de développer les dimensions culturelles de la société de l'information, en promouvant des partenariats entre les secteurs public et privé, et une prise de conscience plus large du public face aux avantages potentiels de l'accès interactif à notre patrimoine culturel.
Le projet MOSAIC (programme TEN TELECOM de la DG XIII - son aire d’intervention est celle du monde des télécommunications de la communauté européenne) dont l’ARENOTECH est le partenaire français a contribué à mettre en œuvre concrètement ces divers aspects, dans la mesure où il concerne la définition des grandes lignes clefs de la constitution de centres - pilotes ayant pour objet la divulgation à l’échelle internationale du patrimoine culturel et où il permettra d’établir à l’avenir des règles d’échange et des accords entre les différentes structures participantes en vue de la divulgation des matériaux de ce patrimoine sous forme électronique à travers un véritable réseau international. Ce véritable centre culturel virtuel auquel il s’agira de donner naissance se fera promoteur d’une nouvelle culture basée sur l’échange de titres électroniques, d’un work shop en visio-conférence et de salles de vision en réalité virtuelle avec des contenus spécifiquement culturels.
Il constitue également un projet pilote - ceci avec toutes les contraintes que l’on voudra bien imaginer - dans le cadre des services de développement et de divulgation des produits culturels sur le marché global de la société d’information planétaire. La constitution de centres culturels technologiquement avancés se base sur une utilisation au quotidien de visio-conférences, du serveur Web qui vient d’être mis en place, de salles immersives qui permettent une vision en réalité virtuelle actuellement en cours d’installation en des lieux avec lesquelles un partenariat fort est en cours de discution - du moins pour ce qui est de la France - ainsi que de véritables centres de conférence dont le prototype s’avère à ce jour devoir se situer lui aussi à Paris. La raison d’être de tels lieux est de contribuer à créer de nouvelles opportunités de travail.
Nous savons bien que nous sommes amenés bien trop souvent à nous focaliser aussi bien sur les standards que sur le potentiel technologique des infrastructures. Nous nous interrogeons trop rarement en revanche sur ce que nous souhaitons en fin de compte obtenir des instruments, objets et services relatifs au patrimoine culturel. MOSAIC, pour cette raison même, n’entend d’aucune manière se limiter à imposer quelque standard que ce soit mais bien au contraire souhaite rechercher la meilleure manière de valoriser - au travers même de l’utilisation des standards technologiques- le travail de tous ceux qui gèrent au jour le jour le patrimoine culturel européen et en assurent la promotion. L’essentiel réside, dès lors, en la qualité des contenus et en la manière de l’utiliser dans toutes ses potentialités à travers la mise en œuvre des nouvelles technologies multimédia et de réalité virtuelle et non point l’inverse. MOSAIC se propose, en outre, de mettre en œuvre les synergies les plus pertinentes entre ceux qui oeuvrent en vue de l’ouverture la plus large du patrimoine à une société citoyenne et responsable et précisément la plate-forme la plus large possible d’utilisateurs potentiels. Nous devons bien reconnaître que - de fait - les initiatives qui se développent en ce domaine n’arrivent pas toujours à s’imposer suffisamment sur le terrain de la médiatisation et ne s’ouvrent que très insuffisamment à une vraie médiation sociale, notamment et avant tout dans le domaine de la formation et de la transmission des savoirs.
D’où la situation invraisemblablement paradoxale que nous connaissons tous, crée d’un côté par un vrai désir d’accéder aux informations et de l’autre par l’inexistence -volontaire ou non - des réseaux qui seraient pourtant bel et bien en mesure de les satisfaire. Le premier processus à mettre en œuvre s‘impose donc à l’évidence: il s’agit de créer un ensemble de contenus qui en un premier temps se suffisent en eux-mêmes et de les positionner en un ensemble global qui, transcendant naturellement les frontières, sera capable de produire une véritable « mosaïque » aux usages potentiels multiples. Des initiatives mineures, a priori de moindre portée, pourront ainsi apparentes plus signifiantes qu’il n’y paraissait à première vue, une fois qu’elles apparaitraient dans leur véritable contexte.
Tel est au fond le véritable contexte de la contribution que souhaite apporter notre projet: rassembler toutes les initiatives déjà existantes sans vouloir en altérer les règles déjà opératoires de leur promotion, mais en les valorisant et en en amplifiant la portée au travers d’un véritable réseau de distribution de l’information seul à même de développer de vrais usages de savoir et de faire - savoir.
L’ensemble de ces considérations et la complexité de leur mise en œuvre amène à prendre en compte l’impératif incontournable du multilinguisme de ces services, ainsi que de leur interopérabilité : nous sommes là en présence de l’exigence première de ce projet : il n’y a guère - et il ne saurait y avoir - de communicabilité électronique du patrimoine culturel européen sans une prise en compte à chaque instant de la pluralité linguistique de notre continent. Le parcours ainsi choisi s’appuie sur un réseau de rapports entre partenaires qui acceptent pleinement les contraintes et les défis technologiques d’un tel contexte qui est celui de pratiques innovantes choisissant délibérément une stratégie de rupture face aux inerties administratives et aux archaïsmes institutionnels.
Des partenariats souvent déjà existants, à l’échelle tout à la fois européenne, délibérément méditerranéenne aussi, mais encore à celle des pays du G8. Des partenaires qui, en se réunissant, constituent déjà un premier réseau planétaire en la matière, et ceci autour d’un certain nombres d’outils mis en commun: une solution clefs en main d’abord pour structurer de manière capillaire un ensemble de services à valeur ajoutée, des outils spécifiques pour ce faire et un réseau international qui soit de la sorte capable d’une réelle dissémination des réalisations disponibles
L’objectif au fond s’avère extrêmement clair : rendre présent - et pourquoi pas omniprésent - le patrimoine culturel sur les réseaux informationnels en construction sous nos yeux. Il convient pour cela de faire en sorte que se constitue en ce domaine un axe préférentiel facilement repérable par le plus grand nombre possible d’utilisateurs potentiels, et avant tout à nos yeux pour tous ceux qui ont à assumer une mission éducative.
Le réseau MOSAIC présente aujourd’hui quatre caractéristiques majeures :
Il s’articule à partir de technologies d’avant-garde, qu’elles soient ISDN ou ATM, et trouve ses points nodaux en des partenaires technologiques et des gestionnaires de services : Infobyte à Rome, le Politecnico de Milan, le Cineca qui, à Bologne, gère tout à la fois le GAR (l’équivalent de notre RENATER) et le réseau de l’Université même de Bologne, le ZGDV -réseau universitaire pour l’Allemagne, le Portugal et l’Amérique du Sud -, l’ARENOTECH à Paris, le Johaneum Research Center à Graz en Autriche. Il faut aussi citer d’autres entités au Canada, aux Etats-Unis, en Egypte, au Japon également.
MOSAIC est dès le départ intimement lié au Memorandum of Understending (MOU) de l’Union Européenne qui rassemble les signatures de nombreuses institutions culturelles, musées et associations autour d’une active mise en œuvre des nouvelles technologies de l’image et de l’information. Il présente une liste significative de signataires qu’il sera possible de contacter en vue d’actions communes.
Ce que peut offrir MOSAIC se résume en un certain nombre de propositions :
Cette solution peut se limiter à la simple mise à disposition d’une étude de faisabilité; une telle étude peut de fait être utilisée comme prospection technique et économique en vue de demandes de financement à l’échelon local ou encore communautaire.
Au-delà, peut être fourni un modèle de référence (en termes notamment de coût, d’architecture technologique et de temps de réalisation), des outils de valorisation des résultats et d’exploitation des services offerts à l’utilisateur final, un ensemble de services et de produits dérivés associés en mesure d’augmenter le niveau d’implication de l’usager ainsi que le temps passé au sein d’infrastructures offrant une valeur ajoutée pour le tourisme et l’éducation.
MOSAIC dispose en tout premier lieu d’un certain nombre d’instruments : un programme de construction d’expositions virtuelles. Réalisé par Infobyte, celui-ci permet de créer de véritables expositions virtuelles, ceci soit comme preview d’espaces d’expositions en vue de leur aménagement ou annonce d’initiatives culturelles en cours de préparation, soit comme instrument didactique sous forme d’expositions purement virtuelles ou reconstitutions de collections par exemple.
Mais il dispose aussi d’un browser culturel on-line. Cet outil permet d’accéder, à l’intérieur d’un environnement (qu’il s’agisse de Navigator ou d’Explorer) personnalisé dans le domaine culturel, et ce de manière cartographique. La sélection de champs thématiques (peinture, sculpture…), de la période de référence (l’année par exemple) et d’autres paramètres permettra de mettre en évidence au travers d’une représentation cartographique les points sensibles dans lesquels sont présentes les informations inhérentes à la recherche thématique active. Une partie de ce browser a pour objet la gestion du catalogue MOSAIC ainsi que celle de la vente d’images à haute résolution.
Au minimum le browser sera peuplé de tous les links actifs et des home page existantes dans le domaine des musées et des institutions culturelles. Est concerné aussi un forum thématique permanent, ainsi que des espaces informationnels spécifiques : université virtuelle, événements internationaux, mais aussi broadcasting sur une mailing list…
Il faut citer aussi le moteur de recherche MOSAIC : cet élément est constitué par une métadatabase qui permet de mettre à jour les links relatifs aux informations sur le patrimoine culturel et les rend disponibles au browser.
Les centres de service.
Les premiers centres de service s’installeront à Paris, de même qu’à Bologne et à Vienne.
Ces centres constituent clairement l’élément le plus vital du projet. Ils constituent le point de contact par excellence avec le public. Tous les éléments nécessaires à un accès aux données devront s’y retrouver en termes de visioconférences ou de moyens de visionner des images de synthèse par exemple.
Deux applications majeures s’inscrivent clairement au sein de ce projet :