Colloque GRAF 98
4ème Colloque Européen sur l’Autoformation
Dijon 10 au 12 décembre 1998
ENESAD-GRAF

Pratiques d’autoformation dans la Société de l’information

Comité d’organisation :

Bernard BLANDIN (CESI), Bernadette COURTOIS (AFPA), Pierre LANDRY (OTE), Gérard MLEKUZ (Université de Lille, CUEEP), André MOISAN (CNAM), Didier PAQUELIN (ENESAD), Hervé PREVOST (AFPA).

Comité scientifique :

Présentation

La société en émergence dite de l'information a pour origine le rapprochement de plusieurs techniques : l’audiovisuel, l'informatique, les télécommunications et la robotique. L'information numérisée peut se manipuler, se stocker, se dupliquer, s'échanger, piloter des machines. Toutes les activités culturelles, industrielles, commerciales, ludiques, irriguées par cette information numérisée, sont concernées. On apprend, on travaille, on échange, on se distrait autrement. L'information n'est plus confinée dans des lieux professionnalisés tels que les universités, les bibliothèques, les bureaux d'études, les bourses, les salles de rédaction. Elle circule et, de plus en plus, les citoyens et les travailleurs peuvent avoir un accès direct aux sources de l'information, bousculant la notion de territoire tant du point de vue géographique que politique ou économique.

Nous sommes entrés dans une ère d'abondance informationnelle qui peut aussi se révéler sélective. L’accès au savoir s’appuie de plus en plus sur les capacités sociales, cognitives, identitaires des personnes. L’autoformation représente un enjeu mettant en lien le propre développement de la personne, les réseaux humains et numériques.

Dans ce contexte,  il faut  imaginer de nouveaux outils culturels pour tirer profit de cette richesse, au delà de l'encyclopédisme, et  développer la maîtrise des outils techniques de manipulation de l'information, tant pour "faire" que pour "apprendre".

Un nouveau rapport au savoir, comme ensemble de connaissances plus ou moins systématisées, acquises par une activité mentale, est entrain de naître qui remet en cause l'organisation hiérarchique du système éducatif et de formation pour déboucher sur de multiples réseaux de compétences. Le renforcement de la culture générale et l'appel à l'autodirection de sa formation devront faire le contre poids à la dispersion généralisée de connaissances, et permettrent à l’individu de tisser ses propres continuités entre les temps et les espaces sociaux.

Objectif

L’objectif de ce colloque est de traiter des enjeux de l’autoformation dans la société de l’information. La modalité proposée est d’interroger les pratiques pour identifier les théories en émergence, et par conséquent se situer davantage dans une démarche de type recherche-développement.

Thématiques

 Ce colloque est structuré autour de trois thématiques majeures.

1.  Pratiques d’apprenant dans des situations de formation induites par la société de l’information et ses outils.

A l’heure de la mondialisation de l’information, de l’émergence d’une société de l’information dite communicante, les modalités d’accès aux connaissances et de construction du savoir se trouvent transformées par les modalités de production et de diffusion de l’information, accessible ou non par les nouvelles technologies.

     Encore très empruntée aux modèles d’éducation, en début de vie et pour la vie, la formation semble pourtant être à l’aube d’une explosion de pratiques. La société de l’information s’annonce ainsi autant dans ses objectifs, où l’intelligence devient une condition d’existence, que dans les moyens qu’elle peut mobiliser pour apprendre. La formation permanente, depuis longtemps annoncée, réapparaît dans cette perspective autour de deux dimensions, de deux problématiques :

·Comment envisager “ l’éducation et la formation tout au long de la vie ”, comment penser le développement de la personne aux différents âges de sa vie dans un environnement de plus en plus virtuel, générant de nouvelles connaissances ?

·Quelles sont les pratiques pédagogiques induites par l’usage des technologies de l’information et de la communication ? Quelles conditions requiert la mise à distance possible entre celui qui apprend et celui qui enseigne dans les différentes situations de la vie personnelle, professionnelle, sociale ? 

2.  Production, mobilisation et échange de savoirs dans les constructions sociales (collectifs, organisations, réseaux, etc.) de la société de l’information.

     Les savoirs se construisent et s’échangent dans des formes sociales nouvelles où s’élaborent de nouveaux rapports entre l’individuel et collectif.

3. Autoformation, action et citoyenneté dans des territoires recomposés d’une société de l’information.

   Cette thématique renvoie à l'accès à la formation sur l'ensemble du territoire, à la multiplication des sources d'éducation appelant l'autodirection de sa formation, au contre pouvoir de citoyens formés face aux experts dans le cas de décision d'aménagement complexe ...

     Un citoyen actif est un citoyen formé au débat, ayant le sens critique et capable de prendre des initiatives.